Rythmes scolaires : les parents entre inquiétudes et colère

Publié le par Laurent Comparot

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Des parents entre inquiétudes...

 Ce sont entre 80 et 100 parents d'élèves qui se sont réunis ce mercredi soir devant l'hôtel-de-ville d'Aulnay-sous-Bois. Alors que le maire avait promis une réunion à la mi-juin, ce sont bien des parents inquiets qui ont décidé d'obtenir des réponses au plus tôt. Une réunion publique est bien prévue le lundi 30 juin, soit seulement 3 jours avant la fin de l'année scolaire. Un calendrier bien trop serré pour engager une quelconque concertation avec les parents d'élèves et les équipes éducatives. Certes, une délégation a été reçue par le maire mais de très nombreuses questions restent en suspend. D'ailleurs, le maire a été incapable de rassurer les parents sur les conditions matérielles et humaines de cette réforme et de sa mise en place. Ce qui n'est pas sans nourir de véritables craintes quant à la capacité de l'équipe municipale à faire émerger un véritable projet tant les contraintes en terme de temps et de budget d'ici la rentrée de septembre sont importantes. Au manque affiché de volonté politique, pourraient bien s'ajouter l'impossibilité pour les services municipaux de mettre en place d'ici septembre un dispositif opérationnel, en particulier en tout ce qui concerne l'embauche (en pleine vacances d'été !) et la nécessaire formation des encadrants. Et encore moins si ce dispositif sera accepté lors de sa présentation et de sa mise en oeuvre simultanés debut septembre.

Des incertitudes juridiques pèsent même sur le respect par l'équipe Beschizza de la circulaire Hamon quant à la consultation effective des conseils d'école.


D'autre part, on ne sait toujours pas qui pilote politiquement en dehors du cabinet du maire ce dossier brûlant. A ce stade, on ignore même quelle est l'élue, de madame Claire Fouque, adjointe à l'éducation ou de madame Sévil Isik, adjointe aux activités périscolaire qui en a la charge effective.

Le volet budgétaire suscite aussi des inquiétudes car à chaque fois, à la nécessaire qualité de ces activités sont opposés des questions d'ordre financier. Les parents craignent donc des activités au rabais (low-cost !) et refusent que l'éducation de leurs enfants soit une simple variable d'ajustement budgétaire.


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... et colère

Même si elle n'est pas encore trop perceptible en cette fin d'année, c'est bien un sentiment de colère qui domine parmi les parents d'élèves face à l'attitude de monsieur Beschizza et de ses amis politiques. Les parents sont sur leur fin tant ceux qui refusaient la réforme et qui croyaient aux promesses de monsieur Beschizza que ceux qui soutenaient la réforme et se voient aujourd'hui imposer des conditions sur lesquelles ils n'ont été nullement consultés. La publication dans le mensuel municipal Oxygène de l'article "Le maire, les enseignants et les parents à l'unisson" a mécontenté de nombreuses familles avec un compte-rendu mesonger des réunions tenues. Contrairement aux termes lénifiants de l'article, les parents y ont exprimé de très nombreuses critiques et craintes, mettant parfois le maire en difficulté. Ce dernier s'était alors retranché derrière  le vote de la délibération n°31 du 30 avril 2014 pour justifier sa décision qui allait à l'encontre de très longs mois de consultation avec l'aide d'un comité de pilotage.


Malgré les pressions multiples et diverses, la présence en force de la Police Municipale et des services de renseignement, et l'arrogance de certains nervis, les parents ont pris le temps et la peine de venir réclamer pour leurs enfants de la qualité et pour eux un peu plus de considération...

 

Au delà de l'arrogance

Bien sûr, certains proches du maire essayent actuellement de minimiser le mouvement voire de le discréditer en le faisant passer par un mouvement téléguidé par l'opposition municipale. Ce qui n'est bien sûr pas le cas même si les anciens élus fort de leur expérience et du travail de préparation accompli tentent à la lumière du peu d'informations données par l'équipe en place de suivre l'évolution du dossier.

Discriditer et minimiser un tel mouvement est une terrible erreur car réunir en semaine et le soir (un soir de football en plus) 80 à 100 personnes, ce n'est pas rien. En cas d'échec de la rentrée scolaire en septembre, c'est bien face à une contestation de très grande ampleur que risque d'être confronté monsieur Beschizza. Alors, il n'est pas sûr que la majorité silencieuse le reste bien longtemps.


Publié dans éducation - formation

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Carlier 05/09/2014 12:44


Merci de votre réponse.


De façon générale, la situation des enfants de parents divorcés va révéler cette année les incohérences de la dérogation choisie. Maintenir le samedi amènera le Maire à choisir pour
l'avenir l'une de ces situations impossibles ou ingérables :


- aller à l'opposé de l'objectif de la réforme, en devant lever les enfants dans mon cas à 6h30 (1 samedi/2) et en multipliant les temps de transports  


- ne pas respecter l'obligation de présence des enfants en les descolarisant les samedi matin où la garde est assurée par le parent loin d'Aulnay


- ne pas respecter la décision des JAF et  destabiliser les équilibres familiaux trouvés, en récupérant les enfants le samedi après l'école au lieu du vendredi (cad voir
les enfants deux fois moins pour le parent éloigné) 


- ne pas respecter la sectorisation, en incitant des familles à faire des demandes sur les établissements des autres villes


- ne pas respecter la mission de service public, en incitant des familles à faire des demandes dans des établissements privés   


Si Monsieur le Maire estime que le samedi matin est la meilleure solution pour les familles, il devra cette année assumer l'un des choix ci-dessus.  

carlier 02/09/2014 15:44


Parent d'une fille faisant sa rentrée en CP (école le bourg), et habitant dans le 92, c'est avec consternation que je viens d'appendre cette ouverture des écoles de samedi. Ma fille avait pris
son rythme avec ses parents séparés.


Aussi, je vais écrire au Maire pour lui indiquer sa position vis-à-vis des 30-40% de couples séparées dont parfois un des deux parents vit hors d'Aulnay. Dans mon cas dans le
respect des décisions du juge des affaires familiales :


- soit faire lever ma fille le samedi à 6h30 après s'être levée du lundi au vendredi cad 3h de transport supplémentaires (2*1h30 en plus le samedi comme le vendredi et le dimanche)


- soit la descolariser le samedi en espérant avoir des indications de l'institutrice sur des exercices à traiter


- soit faire une demande sur Sevran

Aulnay Autrement 04/09/2014 09:32



La décision du maire s'est en effet faite à l'encontre des voeux exprimés par la majorité des parents. A l'issue de la consultation des parents (4000 questionnaires retournés et traités sur 7000
envoyés), une majorité s'était exprimée en faveur du mercredi; Cela avait été acté par la précédente majorité.


 


Le samedi a été finalement imposé par le nouveau maire fin sans consultation des parents d'élèves. Je comprend vos difficultés partagées par de nombreux parents dont du personnel enseignant.


 


N'hésitez à vous rapprocher d'autres parents de votre école souvent organisés dans le cadre d'associations de parents d'élèves. L'union fait aussi la force.



JEAN LOUIS KARKIDES 02/07/2014 11:30


Encore responsable FCPE et trè conscient dans cett association des luttes de pouvoir et magouilles existantes comme dans tous les partis.....


Si le fond de cette réforme est pour le bien de l'enfant,il est évident que sa mise en place s'en éloigne et les prises de position de regroupement d'individus ne cherchant qu'un positionnement
politicard n'arrange rien.


Refuser la mise en place actuelle de cette réforme n'est pas pour autant rester sur un statut quo mais de rechercher vraiment le bien de l'enfant et non celui de parents ou d'enseignants s'en
éloignant.

LC 04/07/2014 15:14



Et bien un grand malheur pour les FCPE et les parents d'élèves...



JLK 28/06/2014 22:04


Quand pourra t'on sortir de cette façon d'agir?


Critiquer simplement parce que celui qui propose est "d'un autre bord",profiter d'une réforme difficile à mettre en place pour essayer de trouver un angle 'attaque...


On est loin du bien de l'enfant......


De nombreux parents et de nombreux enseignants sont pour le repos du mercredi.


Les finances de la ville ne permettent pas actuellement de mettre en place un système utile pour nos enfants.


Bien sur BB va se satisfaire d'un emploi du temps à minima alors au lieu de se battre contre l'UMP, si on se battait pour le bien de nos mômes?


La politique à l'ancienne est vouée à l'échec,fait le lit des abstentionnistes et du FN et vous continuez........


 

LC 30/06/2014 10:56



Il est scandaleux de votre part ancien responsable FCPE de chercher à décrédibiliser à tout prix les mouvements de parents d'élèves au nom d'un obscurantisme politique sans limite, ni morale.


La réforme est née du constat d'échec de la semaine de 4 jours décidée sans consultation par Nicolas Sarkozy. Face à cet échec, il était nécessaire de réformer les rythmes scolaires. Cette
réforme part de ce constat et est d'ailleurs très largement soutenue par la FCPE qui veut une application intégrale et sans repport du décret Peillon.


La réforme veut remettre l'enfant au coeur des préoccupations du système scolaire.


Refuser la réforme, c'est accepter l'échec. Dénigrer, c'est vouloir généraliser l'échec.