RER B : les horaires d'été dans le collimateur des usagers

Publié le par LC - AA

Tout au long de l'année, la ligne du RER B n'a pas très bonne réputation : ses rames sont sales et bien souvent bondées. Elle ne s'illustre pas non plus pour la régularité de son trafic mis à mal par sa fréquentation accrue et de trop nombreux incidents d'exploitation. Certes, elle est conçue pour fonctionner avec la ponctualité d'un métro, ce qui est une prouesse remarquable compte tenu des contraintes d'exploitation (deux opérateurs, voies partagées, infrastructure et signalisation inadaptées).

 

rerbLa période estivale serait l'occasion de constituer une pause apaisante pour l'usager quotidien de cette ligne. La moindre fréquentation estivale devrait apporter un peu plus de confort.

Mais, c'est compter sans la mise en place de la fameuse grille horaire d'été. Il est toujours étonnant de constater que c'est précisément au 1er juillet date de la traditionnelle augmentation des tarifs que les opérateurs de transport ferroviaire réduisent leur offre. Une variation sur le thème du "payer plus pour voyager moins bien".

 

Les derniers jours de juin sont le signal d'une sévère réduction du nombre de circulation ferroviaire pour la RATP et la SNCF. Cependant, sur le terrain, cette tradition semble de moins en moins traduire la réalité en terme de fréquentation ferroviaire.

Cette situation est de nouveau dénoncée par l'association d'usagers AUT-IDF qui souhaitent que comme certaines autres lignes, le STIF abolisse l'allègement de l'été.

 

L'AUT-IDF souligne que :

 

- "La période allégée commence tout début juillet alors que peu de gens sont en vacances, soit 2 semaines plutôt que sur les autres lignes gérées par la SNCF seule.

- dans la grille horaires d’été, la période de pointe du soir se termine vers 18h30 environ dans les 2 sens alors qu’elle va jusqu’à 19h30 dans la grille horaires "d’hiver". D’où des trains surchargés car il y a encore beaucoup de monde a cette période.

- Enfin des trains courts circulent plus tôt l’été, dès 20h15 pour certaines missions, alors que dans la grille horaires "d’hiver" les trains courts commencent vers 21h. "

 

Il convient aussi de prendre en compte que cette ligne a la particularité de desservir les deux plus gros aéroports de la région que sont Orly (relié à la ligne à Anthony par l'ORLYVAL) et l'Aéroport Roissy Charles de Gaulle (deux gares). Prendre en gare d'Aulnay une rame déjà encombrée de valises volumineuses n'est pas confortable, tant pour le voyageur francilien que pour le touriste souhaitant relier la capitale.

 

Enfin, il faut aussi prendre en compte les réalités sociales et économiques de ces dernières années qui font que les rames ne sont plus aussi désertées qu'elles ne l'étaient quelques années auparavant.  Il faut déjà prendre en compte le fait que de plus en plus de franciliens divisent leurs vacances, partent souvent moins longtemps, voire, hélas, ne partent pas du tout en vacances faute de moyens. Cette tradition des congés tend à se perdre et à banaliser les deux mois d'été.

 

La grille horaire présente aussi de nombreuses incohérence. Par exemple, en venant de Paris, la gare de La Plaine-Stade de France est mieux desservie en milieu de journée (6 dessertes entre 12h et 13h) qu'aux heures de pointes (par exemple seulement 4 dessertes entre 8h00 et 9h00, heure de pointe pour ce quartier de bureaux). Toujours pour la même gare, il y a plus de dessertes vers Paris entre 16h00 et 17h00, qu'entre 17h00 et 18h00.

Toujours sur la section Nord, dès 19h00 (ce qui est sans doute considéré comme un horaire noctune par le STIF ?!?), il n'y a plus que 3 missions par tranche de 20 minutes (Mitry omnibus, Roissy-CDG Omnibus, et Roissy-CDG direct) avec des trains bien sûr surchargés. Il est à noter que le moindre incident d'exploitation a un impact considérable sur la fréquence des circulations ce qui rend l'accès des voyageurs à certaines rames quasiment impossible.

 

Ces différents aspects conjugués aux travaux d'été (nombreux sur la branche Nord compte tenu des opérations programmées dans le cadre du RER B+) rendent la fréquentation du RER B tant aux heures de pointe qu'aux heures creuses insupportables pour les voyageurs.

 

Le STIF (autorité chargée de l’organisation des transports publics en Ile-de-France)  doit au plus tôt se pencher sur les grands ratés de cet été 2010, et améliorer au plus tôt ce qui est le quotidien de milliers de voyageurs franciliens mais qui est aussi une piètre vitrine pour les milliers de touristes qui souhaitent découvrir Paris et sa région.

 

 

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