Refuser l'ouverture du dimanche, un choix social à assumer

Publié le par Laurent Comparot

Tmp00001.jpg

 

" Cela constituerait une rupture de l’égalité entre les petits commerces et les grandes surfaces, créerait une concurrence déloyale et contribuerait à accentuer une déréglementation. En tant que commerçant, je ne crois pas qu’ouvrir mes deux magasins le dimanche me rapporterait quelque chose puisque le pouvoir d’achat de mes clients potentiels n’aura pas augmenté.

De plus, et cela m’agace profondément, ce débat est paradoxal. Le plus souvent, ceux qui voudraient que les magasins soient ouverts le dimanche ne souhaitent pas eux-mêmes travailler ce jour là.

Je ne pense pas que travailler le dimanche serait une liberté et rendrait service aux consommateurs. Nous risquons en effet d’arriver à des journées entières passées dans des galeries marchandes au détriment d’autres activités. Je ne suis pas certain que cette demande vienne des consommateurs, elle émane plutôt du patronat de la grande distribution. En ce qui me concerne, pas un seul de mes salariés ne souhaite travailler le dimanche ; tous veulent pouvoir se retrouver en famille ou avec des amis un jour de la semaine. Pour ma part, je suis partisan d’un libéralisme contrôlé."

 

C'est par ces propos de Jean-Christophe Niclot du Centre des Jeunes Dirigeants d'Entreprise que les présentes colonnes défendaient en septembre 2009 le principe du repos dominical pour tous.

 

Cette intervention singulière reste d'actualité alors que revient sur la table une éventuelle demande de dérogation pour le centre commercial aulnaysien O'Parinor.

 

Le Conseil Municipal de la ville sera consulté sur la demande du classement en Périmètres d'usage de consommation exceptionnel (PUCE) du centre commercial O’Parinor. Les élus communistes en ont d'or et déjà repoussé le principe.


Le préfet aura le dernier mot et tranchera.

 

Pour défendre le projet, on évoque le classement en PUCE des centres commerciaux de Villemonble et de Rosny et l'arrivée d'Aéroville, les garanties offertes par le Centre Commercial lui-même.

 

Au-delà du fait qu'il s'agit encore de la fuite en avant économique d'un système commercial totalement obsolète, il ne faut pas négliger l'impact sur ces centaines de salariés sacrifiés sur l'autel illusoire de la consommation dont le quotidien risque d'être sacagé.

 

Non, il faut dire non pour assumer pleinement ce choix social.

 

Publié dans société

Commenter cet article

JEAN LOUIS KARKIDES 20/09/2013 17:45


Bravo.


Cet article est courageux.