PSA Aulnay : un symbole industriel au coeur de la tourmente

Publié le par Laurent Comparot

Un certain nombre de médias sont intarissables sur l'avenir de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois avec pour seule perspective une fermeture considérée comme inévitable.

 

L'ouvrier, seul facteur de coût ?

Faire de la main d'oeuvre de fabrication, la seule variable économique dans le processus d'élaboration, de fabrication et de commercialisation de véhicules automobiles relève de la plus grande supercherie. Ce serait oublier que le coût de main d'oeuvre des ouvriers et cadres oeuvrant à la fabrication et à l'assemblage représente une part faible du prix de vente d'un véhicule. En effet, les usines automobiles du XXIe siècle sont devenues des plateformes d'assemblage d'un très grand nombre de composants et de pièces préalablement produits chez des sous-traitants et autres fournisseurs.

Plus que jamais, le sort de l'automobile est entre les mains des concepteurs tant au niveau technique que commercial. La vrai force d'un constructeur automobile tient désormais autant à la qualité des véhicules produits donc de la qualité du personnel de fabrication que de son adaptation au marché.

 

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Le modèle allemand ...sauf pour l'automobile

Les construteurs français s'éloignent de plus en plus du modèle vertueux de l'industrie automobile allemande basé tant sur l'innovation que sur la fiabilité de leurs véhicules. Renault a définitivement abandonné la partie pour se consacrer à des véhicules à bas prix, stratégie ouvertement tournée vers la délocalisation. Après l'aventure roumaine avec Dacia, Renault a misé sur le Maroc avec des salaires encore plus bas. Mais, cette stratégie à court terme pourrait être mise à mal par l'arrivée de véhicules encore moins chers d'Asie.

 

GM, une drôle d'alliance

Quant à PSA, on peine vraiment à comprendre l'intérêt de se fiancer avec General Motors, le géant malade de l'industrie automobile américaine. On ne saurait que rappeler que GM a été place sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine des faillites le 1er juin 2009. Depuis les actionnaires ont été essorés et l'État Fédéral a mis la main au portefeuille en y injectant des dizaines de milliards de dollars. Faute de liquidités, les fonds de pension des retraités a été payé en actions de la nouvelle entité.

Il faut aussi se rappeler que dans le passé toutes les alliances de General Motors se sont soldés par un échec : Fiat (2000 à 2005, prise de participation de 20 %), Fuji Heavy Industry fabriquant de Subaru (1999 à 2006, prise de participation de 20 %),  Isuzu (1971 à 2006, prise de participation de 49 %) et Suzuki (1981 à 2008, prise de participation de 20 %).

 

Pour une solution industrielle hexagonale

Plus que jamais, seule une solution industrielle basée sur la pérennité des sites de fabrication français peut assurer le futur du groupe PSA. Et cette solution ne peut venir que d'une confiance rétablie entre direction, salariés et pouvoirs publics.

Publié dans PSA Aulnay

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