Le livre menacé par la hausse de la TVA

Publié le par Laurent Comparot

Nouvelle menace pour "La Princesse de Clèves" : la hausse de la TVA met à mal l'industrie du livre à commencer par ses acteurs essentiels que sont les 25.000 points de vente qui tous les jours se font les relais de l'édition française.

 

La hausse de la TVA qui passe de 5,5 % à 7 % menace directement la chaîne du livre. 1,5 % de plus en TVA c'est donc 1,5 % de moins pour les acteurs les plus fragiles, les librairies indépendantes.

 

librairie-fermee.jpg1,5 %, c'est exactement la marge opérationnelle estimée des librairies indépendantes. Et donc un nouveau coup dur pour les libraires qui subissent déjà la hausse des coûts de l'immobilier, la baisse du pouvoir d'achat de leurs clients et la concurrence inégale de certains sites de vente en ligne logés dans des paradis fiscaux. Ces mêmes libraires qui peinent à payer leur souvent très remarquable travail de vente et de conseil.

 

Doit-on se résoudre à voir disparaître à Aulnay-sous-Bois disparaître librairies et maisons de la presse de nos quartiers au profit de quelques best-sellers qui traînent dans les rayons des grandes surfaces ?

 

 

Dans un communiqué, le Syndicat National de l'édition (SNE) précise que  « l'effort de solidarité nationale demandé à la chaîne du livre, estimé à une soixantaine de millions d'euros, semble sans commune mesure avec la situation actuelle du marché du livre et avec l'enjeu de la diversité et de la démocratisation culturelle qui a présidé, depuis plus de trente ans, à l'application d'un taux réduit à ce support essentiel de l'éducation et de la vie culturelle et politique. Si cette mesure amène à fixer un taux en France comparable à celui de l'Allemagne, rappelons que ce taux n'est que de 4% en Espagne, de 3% au Luxembourg et de 0% au Royaume-Uni et en Irlande. A l'échelle mondiale, on compte au moins 21 pays où le livre fait même l'objet d'une exemption fiscale ou d'un taux zéro (Enquête 2011 de Price Waterhouse Cooper pour l'Union Internationale des Editeurs) ».

 

Avec cette décision, Nicolas Sarkozy et François Fillon mettent à genoux l'édition française et donc notre culture pour préserver de l'effort national les quelques bénéficiaires d'une politique fiscale généreuse et inéquitable.

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