Conseil Municipal : Retour sur un (quasi-) sabordage

Publié le par Laurent Comparot

 Les querelles de famille sont toujours difficiles et les ruptures encore plus déchirantes. Aussi quand jeudi 8 avril dernier, les élus du parti des Verts claquent la porte du conseil municipal d'Aulnay-sous-Bois en refusant de voter le budget et en démissionnant de leurs délégations, c'est un véritable traumatisme pour la gauche aulnaysienne, élus, militants, sympathisants et électeurs.

 

D'un côté des élus verts et une poignée de militants qui ne supportent plus ce qu'ils appellent l' « autoritarisme » de l'exécutif municipal. Certes, notre premier édile est un homme d'action et de travail résolu à conduire jusqu'au bout son programme électorale, et ce que certains qualifient d'autoritarisme n'est qu'une marque de volontarisme.

 

Depuis deux ans, l'équipe municipale élue en 2008 n'a pas été épargnée avec à commencer par la lourde tâche d'évaluer et de réparer les conséquences de nombreuses années de laisser-aller, de gabegie et d'immobilisme dans la gestion municipale de la droite, avec en plus la menace du recours électoral. Rien, absolument rien ne leur a été épargné et il faut louer leur courage et leur abnégation face au poids de leurs mandats.

 

Le principal conflit porterait sur la méthode ou les méthodes. Qu'elle est donc cette « méthode miracle » tant vantée ? Le fond de l'affaire, c'est que la « fameuse méthode » n'a consister qu'à tergiverser sur certains dossiers, sans les faire avancer.

C'est tout la différence entre militants et élus. Les militants n'ont pas de responsabilités et sont donc dans le déclaration d'intention et du vœu pieu. Les élus sont dans la nécessité de consulter, de décider et de trancher, bref d'assumer leurs responsabilités. C'est parfois difficile et déchirant. Il faut parfois prendre sur soi et décevoir.

Parfois la mue du militant politique à l'élu est réussie. D'autres fois, c'est difficile à réaliser et à vivre. Les élus locaux du parti Les Verts, ont-ils tous réussi leur mue et l'ont-ils bien vécu ?

Seuls eux peuvent y répondre...

 

Comme dans un couple, il est parfois nécessaire de divorcer quand tout est dit et tout semble irréparable, que ce soit à propos des idées ou des méthodes. C'est le droit de tout élu même s'il doit assumer que ses choix correspond au mandat que lui ont confié les électeurs.

Mais démissionner n'est-ce pas aussi ne pas assumer ses responsabilités et fuir ses devoirs, alors que notre ville, notre département et nos concitoyens sont confrontés à de graves difficultés ?

Les élus du parti des Verts ont fait ce choix que beaucoup déplorent et qui ne fera finalement plaisir qu'à la droite locale.

 

Ce choix de démissionner est certes respectable mais le calendrier l'est moins car dans le navire des élus du parti des Verts, le capitaine sacrifie son équipage et parvient seul à sauver sa tête.

Il ne faut pas oublier que pour le nouveau 14e président du Conseil Régional d'Île-de-France, l'Union de la Gauche était une réalité locale lors des dernières élections régionales... Mais c'était à une époque lointaine, le 26 mars dernier ! Cela est fort dommageable car cela pourrait faire croire que la capacité à s'imposer au sein d'un appareil politique est bien plus importante que la légitimité politique de terrain.

 

Aujourd'hui, il faut plus que jamais qu'une alternative politique socialement et écologiquement acceptable émerge dans notre ville. Libéré d'un écologisme politicien, les initiatives écologiques doivent enfin émerger et avec toutes les bonnes volontés, y compris, bien sûr, celles des élus Verts.

Publié dans tribune libre

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Hervé Suaudeau 28/06/2010 17:28



Cher Laurent,


Je remarque que tu ne réponds pas à nouveau sur le fond mais que tu préfères lancer un bien pratique "langue de bois amédriste" qui te permet d'éviter de répondre à mes arguments sans doute
gènants.


J'en conclue que mes arguments ont fait mouche.


J'ai apporté des éléments que je crois factuel, démontrant un divorce du maire avec les valeurs de gauche et je n'ai pas été vérifier si Alain Amédro partage à 100% cette analyse. Je crois avoir
démontré depuis longtemps mon indépendance d'esprit et travailler avec les Verts me convient tout à fait pour cela car il y a ni dogmatisme, ni caporalisme (suivez mon regard).


Néamoins, cela ne m'interdit pas heureusement que je partage avec Alain Amédro la même opinion sur de nombreux sujets à commencer par le projet de l'hôtel de ville que je trouve excellent sur son
principe (enfin construire en centre-ville!) mais désastreux en terme d'improvisation et de démocratie. Je veux bien revenir sur les détails si tu le souhaites.



Hervé Suaudeau 27/06/2010 09:56



Cher Laurent,


"droitisation du groupe": Tu sais bien que ce n'est qu'un élément de language lancé par le maire. Au contraire dans le discours des élus verts ces derniers temps j'ai clairement enendu la
critique que le maire "a quitté les valeurs de gauche".


Je partage cette analyse, le clientelisme, la monté de comunauté les unes contre les autres, font le lit complet de 'extrème droite. Le maire en est directement responsable.


Autre combat où le maire sois-disant "de gauche" a été plus que timoré : le combat pour la régularisation des sans papiers de STN. Les verts qui ont toujours été à la base de ce combat (à coté de
certains autres dont des socialistes) se sont émus des batons dans les roues que le maire a mis dans le combat des grévistes.


On pourrait aussi rajouter l'étrange recul du maire pour construire des logements sociaux dans tous les projets du centre-ville (Pimodan, 14 juillet, Coullemont) pendant que l'on construit des
logements sociaux dans les quartiers où il y en a déjà beaucoup. C'est la mixité sociale à l'envers. Cela a été clairement dénoncé par les Verts.


Droitisation oui, mais te trompes de cible. C'est du maire dont il s'agit.


 



Laurent Comparot 28/06/2010 16:25



Cher Hervé,


Ce serait assez bien de changer ce vieux discours langue de bois amédriste qui n'est plus guère crédible et lasse y compris dans les rangs des écologistes sincères : beaucoup de voeux pieux et
rien au moment de passer à la réalisation.


Enfin, je suis heureux de constater ton adhésion au projet "Hôtel de Ville".



Evelyne BLAZA 11/05/2010 12:38



"Cher Laurent,

Je ne peux pas accepter tes propos qui sont limite insultants, et je souhaite
faire une mise au point.


Premièrement, ce n'est pas notre groupe qui a choisi de changer le calendrier du vote du budget qui devait à l'origine avoir lieu le 11 mars soit 3 jours avant les régionales pour le placer le 8
avril après ces mêmes élections. Notre décision était prise avant, alors.......... NON, Alain AMEDRO ne nous a pas sacrifié à des
soi-disants ambitions. Cette décision de notre démission a été prise tous ensemble après mûres réflexions. Vous, les socialistes, devez vous mettre cela en tête : chez les verts d'Aulnay, les
décisions ne sont pas prises par le chef mais par la totalité des membres, les opinions de chacun sont respectés et la  discussion est ouverte.

Je le répète et le crie même : la démission des verts d'Aulnay est une décision
de 7 élus qui ne se retrouvent plus dans la gauche représentée par M. SEGURA que d'ailleurs vous devriez cesser d'idolatrer car ce n'est qu'un homme comme les autres avec certes des qualités mais
aussi des défauts.

Nous avons largement commenté notre décision auprès des aulnaysiens qui, ne t'en déplaise, nous ont compris et nous soutiennent, et nous continuerons à nous battre pour une ville exemplaire.


Evelyne BLAZA


Conseillère municipale Les Verts - Aulnay Ecologie



Laurent Comparot 26/06/2010 14:42



Chère Evelyne,


De nombreux militants de gauche sont décus par cette démission. Les récentes positions font craindre une droitisation de ce groupe dirigé par Alain Amédro. Si, je n'avais pas d'affinité avec un
certain nombre de militants et de sympathisants du parti politique Les Verts, cette question me préoccuperait pas.


Je n'oublie pas qu'en qualité de militant j'ai fait par deux fois campagne pour toi. Tu sais très bien qu'il reste des combats fondamentaux sur lesquels nous allons sûrement travailler de
concert.


Amitiés,



Hervé Suaudeau 11/05/2010 11:03



J'aurais fortement envie de rire de votre texte si la situation n'était pas triste pour les aulnaysiens. Ce texte est l'illustration de l'impossibilité intellectuelle du maire et de ses suporters
a se remettre en cause. C'est très triste de voir le parralèle avec Sarkozy:


http://www.elysee.fr/president/les-actualites/trois-ans-d-action/trois-ans-d-action.8676.html


A quand une politique locale et nationale modeste, éthique et sinsèrement écologiste ?