Après la chasse aux étrangers, la chasse aux français

Publié le par Stéphane Legrand

Cet été, notre ville a connu le bien triste épisode du sans-papier dénoncé par des employés de son agence bancaire LCL. Depuis, la chasse s'accentue pour les étrangers. Les conditions de  renouvellement des cartes de séjour sont de plus en plus difficiles, avec des demandeurs de plus en plus victimes de l'arbitraire administratif.  L'Identité Nationale n'est pas un vague concept mais bien une politique nationaliste (car fondée sur la nationalité) qui fragilise de plus en plus les étrangers vivants dans notre pays.

Mais contrairement à ce que vous pouvez penser, il n'y a pas que les étrangers qui soient victimes de ces lois scélérates mais aussi des Français, qu'ils soient nés de parents étrangers ou non, dans un autre pays, en Alsace-Lorraine pendant l'occupation, ou tout autre raison.
Il y a ainsi le cas du brigadier Ounoussou Guissé, hussard parachutiste de l'Armée Française, qui de retour d'une mission en Afghanistan, a du se rendre au tribunal de grande instance pour faire reconnaître sa nationalité française. Il est pourtant Français car fils d'un sénégalais qui a choisi en 1960 de rester Français. Débouté une première fois en septembre 2008, le ministère s'acharne. L'audience de l'appel a eu lieu mardi et la décision du tribunal a été mise en délibéré au mercredi 18 novembre.
C'est aussi le cas de Tatiana de Rosnay,  fille de Joël de Rosnay, scientifique de renommée mondiale et décoré de la Légion d'honneur. Son père est un Français né à l'île Maurice. Sa mère est une Anglaise née à Rome. Devenue Française lors du mariage en 1959, à Paris. Les deux grands-parents maternels sont Anglais. Le grand-père paternel est un Français lui aussi né à Maurice, la grand-mère maternelle est une Russe devenue elle aussi Française par mariage. Cela suffit pour qu'on lui refuse un passeport.

Où encore de Marlène et Guy Konopnicki. Comme le dit Guy Konopnicki : "Avoir une mère titulaire de la croix du Combattant ne prouve pas qu’on est Français. Elle n’avait pas à naître chez les Boches ! Un père polak, naturalisé en 1929, médaille militaire, Légion d’honneur, c’est quand même un Polak !".


Le ministère de la Justice s'appuie sur l'article 30 du Code Civil : “ La charge de la preuve en matière de nationalité française incombe à celui dont la nationalité est en cause. ”  même si cette même loi précise : “ Néanmoins, lorsque la nationalité française ne peut avoir sa source que dans la filiation, elle est tenue pour établie, sauf la preuve contraire si l'intéressé et celui de ses père et mère qui a été susceptible de la lui transmettre ont joui d'une façon constante de la possession d'état de Français. ”

Malheureusement, l'histoire bégaie...


Dessin de Bar

Publié dans égalité des droits

Commenter cet article

Yousri Hidri 21/10/2009 09:29


bizarement vous stigmatisez des choses qui ont toujours eu cours, nous sommes beaucoup a avoir fait nos papiers pendant l' "ere mitterand", et ce genre de comportement etait deja installe au sein
de nos prefectures, certains ayant fait l'armée en france, ou etant né sur le sol, s'etaient, deja a l'epoque, fait refuser leurs papiers, pour de sombres raisons qui ne tenaient pas debout.
pour Konopnicki, au vu de ce qu'il a ecrit, et de ce qu'il a dit a la television sur la condition des palestiniens, sur les causes du malaise en palestine, se rangeant bien sur du cote de
l'opresseur, je ne trouve pas l'exemple adequat, vu que lui meme etait d'accord pour retirer le droit de circulation des palestiniens sur les terres confisquées, lui qui en plus a fait un plaidoyer
contre les enfants palestiniens, plaidoyer(s'apparentant a du racisme) plus qu'avilissant pour les parents tout autant que pour les enfants.
le pire dans tout cela, c'est que son "plaidoyer" etait empreint de dhimmitude, comme si il cherchait une forme de reconnaissance.