Portiques de sécurité : propagande et réalité

Publié le par Stéphane Legrand

L'annonce faite le 21 mai dernier par Xavier Darcos, l'actuel ministre de l'éducation, en ouverture du congrès de la
PEEP, de la mise en place d'un véritable arsenal sécuritaire dans les établissements scolaires a soulevé un véritable tollé. Outre les très contestables fouilles, le ministre a récupéré une très vieille idée d'un de ses prédécesseur, François Bayrou, la mise en place de portiques de détection à l'entrée des établissements.

Pour mieux comprendre cette mesure, nous avons pris un exemple extrême mais concret. Nous avons décidé de projeter cette mesure sur un établissement aulnaysien bien particulier, le Collège Le Parc, qui a la particularité d'être éclaté sur trois sites disctincts : l'annexe Barrault où sont regroupés environ 500 élèves de 6e et 5e, l'annexe Le Parc où sont regroupés 500 élèves des classes de 4e et 3e, et enfin l'annexe Solbès qui réunit l'administration, la restauration scolaire, la bibliothèque et le gymnase.


Pour cette simulation, nous avons pris pour hypothèse que compte tenu du coût matériel et humain de la mesure sans doute supporté par les collectivités locales, qu'il ne pouvait être installé au total que 3 portiques, un portique par site. A chaque portique, nous avons placé deux agents de sécurité, un pour la gestion du portique et un autre pour la fouille des cartables.

Nous sommes partis sur une hypothèse de 20 secondes par passage, hypothèse qui prend en compte les divers objets (boucles de ceinture, bijoux, tiges métalliques dans les chaussures, etc) susceptibles de ralentir le flux. Sur cette hypothèse, il faudrait donc 10.000 secondes soit 2 h 46 mn pour faire entrer le matin les élèves dans les annexes Le Parc et Barrault.

A la pause méridienne, nous avons estimé qu'environ 500 élèves soit 50 % des effectifs déjeunaient au restaurant scolaire. Ce qui fait 2 h 46 mn pour accèder à ce restaurant sis dans l'annexe Solbès.
Au retour des cours de l'après-midi, ce sont de nouveau 1.000 élèves (externes et demi-pensionnaires) qui devront de nouveau se rendre dans les classes dans les annexes Le Parc et Barrault. soit 2 h 46 mn de queue supplémentaire !

Vous l'avez bien compris cette mesure est techniquement irréaliste et inapplicable. Et cela même si le très tendancieux institut de sondage d'opinion Opinion Way prétend que 81 % des français y seraient favorables.

Les problèmes de sécurité restent certes présents dans les établisssements scolaires. Il ne s'agit pas d'en nier la réalité, ni d'en exgérer la fréquence. La conclusion est sans doute dans ce témoignage recueilli dans un forum internet :

"J'ai été " pion " dans un lycée de banlieue de 1967 à 1970 ( 1968 compris donc ). Je vous assure que nous avons toujours maitrisé la situation. Les élèves n'étaient pas plus vertueux, et les surveillants plus sévères.
Nous étions simplement...plus nombreux".

Le ministre de l'éducation ne s'inscrit finalement que dans le cadre généralisé et orchestré de la résurgence d'un discour sécuritaire destiné à cacher aux français la situation dramatique de l'économie et de l'emploi.

Publié dans éducation - formation

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