Automobile : malaise toujours...

Publié le par Stéphane Legrand

Mercredi dernier, les salariés du sous-traitant Lear ont bloqué l'accès au site PSA d'Aulnay-sous-Bois. Cela illustre bien le désarroi économique de ce secteur et les carences du système d'aide du gouvernement Fillon au secteur. Les aides directes du gouvernement n'ont en effet concerné que les deux fabriquants PSA et Renault. Or, les effectifs français cumulés de ces deux sociétés ne dépassent guère les 160.000 salariés alors que le seul secteur de l'industrie automobile et des équipementiers emploie environ 211.000 personnes en France.

Dans son numéro d'avril, dans le cadre d'un très bon dossier sur la crise structurelle du marché automobile, le mensuel Alternatives économique revient sur le poids exact de l'industrie automobile en France. Le nombre total de salariés dépendant de  cette branche est estimé à 1.197.000 personnes (505000 commerce et réparation, 211000 industrie + équipementiers, 116000 métallurgie et transformation des métaux, 111000 conseil interim services, 43000 chimie, caoutchouc et plastiques, 38000 biens d'équipement mécaniques, 33000 recherche et développement, 33000 equipements et composants électroniques, 111000 autres) soit 4,7 % de l'emploi total.

Nous le voyons que le système d'aide directe est trop restreint pour couvrir l'ensemble de la filière. Quant à deux bénéficiaires, nous avions déjà écrit qu'il s'étaient engagés à ne pas réaliser de licenciement. Mais, dans le même temps, nos deux constructeurs nationaux ont lancé de grands plans de départs volontaires. En résumé, l'État finance des entreprises qui suppriment des emplois.

Face aux Pays de l'Europe Centrale et Orientale (Peco) dans lesquels nos constructeurs ont massivement investi, la production française ne cesse de diminuer (en 2008, un million de voitures de moins qu'en 1990). Le plus grand choc viendra sans doute de la montée en puissance de la Chine.
Les constructeurs français devraient se préparer à ce choc en développant dès maintenant des véhicules écologiques bien plus adaptés aux besoins actuels et futurs des utilisateurs. Seul le géant Toyota l'a pour l'instant compris. Les aides actuelles du gouvernement ignorent cet aspect d'une nécessité d'évolution structurelle du secteur, un secteur si essentiel à notre économie locale et nationale.

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