Sécurité : encore moins de policiers pour le Seine St Denis

Publié le par Bernard Joseph

Avec un pays en pleine récession économique (prévision de - 2,3 % en 2009), l'insécurité semble être devenu de nouveau le fer de lance électoral de Nicolas Sarkozy et de la droite. Comme nous l'avons déjà écrit (voir : Sécurité : intox et réalités ), la droite aulnausienne, le député sarkozyste Gérard Gaudron en tête, ne cesse de ressasser le thème de l'insécurité.  Derrière les clichés électoralistes d'une droite aulnaysienne depuis bien longtemps en panne de projet d'avenir pour la ville, le problème de la sécurité est très complexe.

La Police Nationale quitte le département
Dans les faits, les effectifs de police de notre département connaissent depuis des années un déficit criant estimé à 400 ou 500 hommes. Sans compter, les conditions matérielles déplorables qui sont le lot quotidien des fonctionnaires de police de la Seine St Denis.
Dans une lettre ouverte datée du 15 avril dernier et adressée à la Ministre de l'Intérieur, Claude Bartolone, président du conseil général s'émeut d'une nouvelle baisse de 1,20 % des effectifs de police dans le département et demande un véritable plan de rattrapage en faveur des commissariats du département avec des moyens en personnel et en matériel à la hauteur des besoins et des missions.

Les promesses sans lendemain...
Sur le plan local, cela se traduit par une éventuelle perte d'effectifs alors qu'au lendemain des émeutes de 2005, les effectifs ont déjà été réduits de 18 personnes entre 2006 et 2008. L'UTEQ promise par Gérard Gaudron et la ministre de l'Intérieur n'est toujours pas mise en place et plus de temps passe, plus son installation devient improbable.
Il a fallu de nombreux mois avant que notre député UMP pose enfin la question du déploiement de cette UTEQ dans le cadre d'une question à l'Assemblée Nationale. Alain Joyandet (secrétaire d'État chargé de la coopération et de la francophonie) répond que Mme Alliot-Marie,"...ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales a inscrit la Seine-Saint-Denis au coeur de sa politique de sécurité. C'est dans ce département que la ministre a lancé, le 14 janvier 2008, lors de la conférence de cohésion, un vaste plan d'action pour mieux protéger ses habitants. Ce plan prévoit des moyens adaptés aux particularités de la délinquance locale, des policiers davantage présents sur le terrain, mieux intégrés dans leur environnement et expérimentés. Il s'inscrit dans une démarche de renforcement du lien entre la police et la population".
Nous avons désormais la réponse : ce sera moins de policiers !

 

...d'une droite schizophrène

Même à Aulnay-sous-Bois, nous avons le triste exemple d'une droite qui d'un côté ne cesse de mettre en exergue l'insécurité et qui de l'autre ne cesse de réduire les moyens pour lutter contre la délinquance. L'attitude de cette droite prête à prendre tous les risques pour de pures raisons électorales est irresponsable. Tous les spécialistes de la sécurité, tous les professionnels pensent qu'une véritable politique de sécurité ne peut se faire à partir d'une escalade législative purement médiatique. La réussite dans ce domaine, ce sont des moyens, des partenariats, du dialogue et du temps pour opérer un véritable travail de fond.

 

Quel pacte républicain pour nos quartiers, notre ville, notre département ?

Au delà du droit élémentaire pour les aulnaysiens à la sécurité, se profile l'a question de l'accès de nos concitoyens aux droits et services publics les plus élémentaires. Dans nos quartiers, dans notre ville, dans notre département, l'État et les services publiques doivent être plus que jamais présents pour bien montrer que la République est présente partout sur le territoire national. En réduisant toujours plus l'implication de l'État sur le terrain au nom du dogme néo-conservateur, en supprimant les services publics de proximité, en réduisant les moyens éducatifs, on isole encore plus, on exclut, voire on stigmatise des populations déjà en difficulté. Peut-on expliquer à nos citoyens qu'ils ont des devoirs si d'un autre côté on leur supprime de façon arbitraire des droits ? Le pacte républicain déjà fortement mis à mal pourra-t-il survivre à ces politiques aveugles et destructives ? La République doit à tous prix revenir en force dans nos villes.

Publié dans sécurité publique

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