12 Milliards d'Euro de bonus pour les banques aidées par l'État

Publié le par Bernard Joseph

Alors que les caisses de l'État sont désespérément vides, que les déficits et l'endettement ne cessent d'augmenter, les banques vont se goinfrer de 12 milliards d'Euro supplémentaires grâce au plan de sauvetage des banques concocté par le gouvernement et la ministre de l'économie, Christine Lagarde.
Entre l'éclatement de la crise financière en 2008 et le printemps 2009, l'État au prix d'un endettement colossal a financé les divers plans de "sauvetage" des banques tant par l'octroi au travers des banques centrales de lignes de crédit à taux préférentiel (Entre octobre 2008 et mai dernier, le taux directeur, qui détermine les conditions de crédit, est passé de 4,25% à 1%), que par des aides directes en trésorerie, que par des prises de participation.

Après BNP, on vient d'apprendre que la Société Générale vient de rembourser l'État par anticipation. Cette anticipation n'a pas que des désavantages pour les banquiers.
Ainsi, l'État a acquis des titres de la BNP et de la Société Générale en mars 2009 au plus fort de la tempête boursière en garantie des prêts octroyés à ces mêmes banques.
Or depuis, ces mêmes titres ont augmenté de 113 % pour la Société Générale et de 175 % pour la BNP. Pour l'État (donc nous les contribuables), les plus values sur ces titres acquis à un moment très risqué auraient dû être respectivement de 6 milliards et de 5,1 milliards d'Euro.

C'était compter sans les judicieuses clauses concoctées par madame Lagarde et ses services de Bercy. Dans la précipitation du plan de recapitalisation des banques, la ministre de l'Économie avait accepté des "actions préférentielles remboursables au prix d'émission" en échange de l'aide de l'État. Finalement, l'État ne percevra qu'un "loyer" soit quelques centaines de millions d'Euro.
Certes la ministre a précisé que «C'est vrai qu'on n'a pas fait de la spéculation mais notre politique, c'est précisément de lutter contre la spéculation». Lutter contre la spéculation, un joli prétexte alors que les banques n'ont fait que spéculer sur la dette publique titrisée depuis mars dernier engrangeant de gros bénéfices et faisant monter les titres à un tel niveau.
Au lieu de taxer la spéculation en engrangeant ces 12 milliards, l'État ne fait qu'enrichir ces banques peu vertueuses de nouveau plongées dans les spirales de la spéculation. On rappelera que les milliards d'Euro injectés dans les banques ont été versés à la dette publique et donc on fait l'objet d'un emprunt d'État.
Cette "gentillesse" des grands argentiers de l'État est fort troublante en cette période de quasi-faillite budgétaire.

Nous savons notre député UMP local, monsieur Gérard Gaudron, fort soucieux du bon usage des derniers publics (ceux qui en douteraient pourront relire les tribunes mensuelle de monsieur Gaudron publiées dans Oxygène, le journal municipal d'Aulnay-sous-Bois).
Aussi, nous lui demandons de constituer une commission d'enquête parlementaire réunissant des parlementaires des différents partis représentés pour enquêter sur les conditions financières de ce plan de sauvegarde et rédiger un rapport pour discussion à l'Assemblée Nationale. Nous lui demandons de communiquer aux organismes de contrôle et aux autorités judiciaires les pièces et témoignages susceptibles d'être constitutifs de délits.
Nous ne doutons pas que monsieur Gérard Gaudron se saisira dans les plus brefs délais de ce dossier et en fera un bon usage dans l'intérêt des finances publiques et pour modérer les futures hausses fiscales.

Publié dans politique nationale

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