"Ne nous trompons pas, la crise de l’UMP nous concerne aussi"

Publié le par Aulnay Autrement

C'est sous ce titre qu'est publiée aujourd'hui une tribune rédigée par le député Daniel Goldberg dans le quotidien Libération. II revient sur les conséquences des luttes fraticides actuelles au sommet de l'UMP et leur incidence sur l'ensemble du système politique de notre république.

 

Ne nous trompons pas,

la crise de l’UMP nous concerne aussi

« Nous aurions bien tort de nous réjouir. Le feuilleton à épisodes déplorable que nous donne à voir l’UMP depuis plusieurs jours a beau écarter un instant le curseur médiatique de nos difficultés à redresser le pays, la gauche devrait en profiter pour s’interroger elle-même sur le sens qu’elle donne à son action et les moyens d’y associer au mieux les citoyens. Car ne nous y trompons pas, les seuls bénéficiaires de la tragicomédie post-sarkoziste sont les extrêmes, ceux qui sapent depuis des années les fondements de notre République et dont certains des discours ont imprégné la ligne de conduite d’une partie de la droite républicaine.

 

Dans un monde changeant et mondialisé, ceux qui ont une boussole bien en main se dirigent mieux que ceux qui naviguent au gré du vent et des sondages. L’éloignement des Français des affaires publiques est aussi lié au mode de fonctionnement de notre démocratie. Les contre-pouvoirs rabaissés pendant près de dix années, le chômage de masse qui fragilise les réseaux de socialisation et de solidarité, tout cela concourt à laisser les appareils politiques dans un monde à part, éloigné des ressentis profonds de la société.

De plus, notre vieille Ve République, corsetée encore plus par le quinquennat et l’inversion du calendrier, contribue à faire de notre démocratie un lieu de théâtre où les questions de fond sont très imparfaitement abordées. La faiblesse du Parlement dans son rapport de force avec l’exécutif, malgré le respect retrouvé que veut lui apporter le gouvernement actuel, consolide cet état de fait. Des députés dont l’élection dépend de celle du Président de la République (et nos faibles moyens de peser sur son action, qui font de la France une exception dans les pays démocratiques), des sénateurs trop peu représentatifs de la France de 2012 (y compris de son organisation territoriale), une troisième chambre – le Conseil économique, social et environnemental – dont les avis aussi intéressants soient-ils sont peu écoutés… ce n’est faire injure à personne que de dire que le constat qui prévalait entre 2002 et 2012 est le même aujourd’hui. Avec, de surcroît, de grandes formations démocratiques qui peinent à trouver un fonctionnement leur permettant de penser le présent et de défricher l’avenir, ce qui doit être leur rôle, qu’elles soient dans la majorité comme dans l’opposition.

 

A chacun donc ses périodes de disgrâce et de crises dont les soubresauts ont comme seules nouveautés de voir leurs effets amplifiés par l’immédiateté née de la multiplication des chaînes de télévision, des nouveaux médias et des réseaux sociaux.

 

Le Parti socialiste a réussi à repousser la difficulté en organisant les primaires citoyennes, avec un succès quasi inespéré au départ, en participation, en qualité des échanges et en avantage électoral pour le candidat choisi. Mais, du coup, maintenant se repose la question : à quoi sert un parti politique dit « de gouvernement », donc non uniquement revendicatif ? Comment l’organiser ? Et surtout comment convaincre des centaines de milliers de citoyens d’y adhérer quand les décisions les plus importantes ne leur appartiennent plus, ni sur le fond, ni sur la désignation de leur candidat ? Quand un parti est au pouvoir, quelle distance peut-il garder avec l’exécutif ?

 

La commission présidée par Lionel Jospin devait proposer de rénover la vie publique. Si le non-cumul des mandats en ressort heureusement renforcé, l’ensemble du rapport nous laisse bien loin de ce qui pourrait rapprocher utilement les citoyens de l’action publique. Il manque l’audace, plus que nécessaire en ces temps de crise, afin d’amoindrir cette défiance généralisée envers les outils démocratiques qui rend toute action encore plus difficile à mener.

 

Il est donc temps de s’atteler à la tâche et de proposer, par voie de référendum si nécessaire, des évolutions profondes d’organisation de la vie publique dont la France a besoin et qui renforceront sa cohésion sociale : clarification des lieux de décision, du niveau national au niveau local, requalification des rapports entre pouvoirs exécutif et législatif, reconnaissance accrue des contre-pouvoirs et organisation d’une transparence de l’activité des élus, et bien sûr droit de vote des étrangers non-européens aux élections municipales. C’est aussi une part de la compétitivité de notre nation qui se joue là.

 

Redonner corps à la République, être exemplaire dans notre pratique politique, construire un nouvel « en-commun » pour la France et les Français, c’est aussi cela qui fera, en plus des essentielles questions économiques et sociales, que le changement attendu sera durablement ancré dans le pays. Gardons-nous de penser qu’il nous reste au moins quatre années et demie pour y parvenir. »


Daniel Goldberg

 

, député (PS) de la Seine-Saint-Denis

 

Publié dans politique nationale

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Droit de vote des étrangers... Daniel goldberg interpelle des parlementaires de la droite

Publié le par Aulnay Autrement

DGoldbergNous reproduisons ci-dessous le communiqué de Daniel Goldberg, député de la 10e circonscription de Seine-Saint-Denis daté du 16 octobre 2012.

 

 

" Après l’appel de François Hollande
Mobilisé pour le droit de vote des résidents étrangers
aux élections municipales


Répondant à l’invitation du Président de la République à la mobilisation pour le droit de vote des résidents étrangers non européens aux élections municipales, je viens d’écrire aux parlementaires du centre et de droite de Seine-Saint-Denis pour échanger avec eux sur ce sujet et les inviter à soutenir une démarche qui pourrait être commune.


J’ai donc proposé à Jean-Christophe Lagarde, député, à Philippe Dallier et Vincent Capo-Canellas, sénateurs, de les rencontrer afin d’avoir un contact le plus libre possible. Si le droit de vote des étrangers aux élections municipales est largement soutenu par la Gauche et les Ecologistes, aucune formation politique n’a l’exclusivité de ce projet qui ne peut que renforcer la participation citoyenne dans notre département.

 

Des propositions de lois sur le droit de vote et d’éligibilité des citoyens étrangers vivant en France en situation régulière depuis plusieurs années ont été adoptées en 2000 à l’Assemblée nationale et en 2011 au Sénat, en des termes légèrement différents.

 

Pour son entrée en vigueur, il est nécessaire qu’un projet de loi soit adopté dans les mêmes termes par les deux assemblées, puis ratifié par les trois cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès. En plus des voix de la Gauche, il est nécessaire de réunir les voix d’une quarantaine d’autres parlementaires pour parvenir à cette adoption.

 

J’appelle donc les parlementaires démocrates à s’associer à cette avancée très attendue par les habitants de notre département. Plus largement, je souhaite que cette démarche de sensibilisation soit reprise partout dans le pays.


Si jamais la réforme ne pouvait aboutir, je souhaite avant tout que l’on ne puisse en aucun cas reprocher à la majorité politique actuelle de ne pas s’être mobilisée pleinement pour y parvenir. "

 

 

A noter qu'un vœu en faveur du droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales doit être débattu au prochain Conseil municipal à Aulnay-sous-Bois.

Publié dans politique nationale

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Airfood project...une initiative pour sauver le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD)

Publié le par LC

Avez-vous déjà essayé de manger... sans avoir d’aliments dans votre assiette ? Sur le site de The Air Food Project, lancé par la Croix-rouge, les Restos du Cœur, le Secours populaire et la Fédération française des banques alimentaires, les consommateurs européens sont invités à se filmer en train de déguster leur repas imaginaire puis à poster leurs vidéos sur internet.

 

Cette campagne en ligne, relayée sur les réseaux sociaux, vise à sensibiliser l’opinion publique à la nécessité du maintien du Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD), après l’échéance de 2013.

En 2011, le PEAD avait été remis en cause par six États de l’Union Européenne qui s’opposaient à ce que les fonds alloués au titre du PEAD, tirés du budget agricole soient utilisés à des fins de politique sociale. (Le PEAD est lié à la PAC et repose sur un système de troc de matières premières issues des stocks de la PAC - il peut aussi être financé par des enveloppes budgétaires en cas d’absence de stocks). L’Allemagne, principal contributeur du programme, s’était alors engagée à maintenir sa contribution financière durant deux ans.

Depuis, la France n’a cessé de réaffirmer son soutien au PEAD, indispensable à la cohésion nationale et européenne, en période de crise. Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll a récemment déclaré qu’il était inacceptable qu’en France ou en Europe, on puisse être condamné à choisir entre payer son loyer, ses factures ou se nourrir. Il a également rappelé l’importance du lien entre la Politique agricole commune et l’aide alimentaire. C’est pourquoi, les éventuels surplus de la PAC doivent pouvoir continuer à être mobilisés pour aider les Européens les plus démunis.

 

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Le PEAD, en quelques chiffres

- En 2006, plus de 13 millions de personnes dans 15 États membre ont bénéficié du PEAD.
- Vingt états membres participent au PEAD
- En France, près de 72,7 millions d’euros ont été mobilisés pour le PEAD par l’intermédiaire de stocks de produits céréaliers et laitiers.|
- La Croix-rouge Française, les Restos du Cœur, la Fédération française des banques alimentaires et le Secours populaire sont les principales associations bénéficiaire du PEAD.
- Chaque année, les ONG françaises distribuent environ 130 millions de repas grâce au PEAD.

Publié dans social

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