« Nous ferons preuve d’une vigilance scrupuleuse sur la sauvegarde de l’emploi »

Publié le par Aulnay Autrement

gerard segura-225x300Nous reproduisons ci-dessous le dernier communiqué de Gérard SEGURA à propos de PSA Aulnay.


« Nous ferons preuve d’une vigilance scrupuleuse sur la sauvegarde de l’emploi »

 

 

 

« Le rapport Secafi confirme le rapport Sartorius : l’histoire aurait pu s’écrire autrement. Les choix de PSA de privilégier l’actionnariat au détriment de l’investissement productif coûtent cher aux salariés du site d’Aulnay. Ce sont eux qui payent le prix fort des erreurs stratégiques commises par la direction. Ce sont en outre les habitants et les élus d’Aulnay-sous-Bois qui devront faire face aux retombées de la fermeture programmée de l’usine à travers l’accompagnement social des familles, la baisse des ressources communales et les incertitudes pesant sur l’avenir.


La responsabilité de la direction de PSA est accablante. Dans la période d’angoisse et d’instabilité qui s’est ouverte, elle doit en tirer toutes les conséquences. PSA a le devoir de se montrer exemplaire en ce qui concerne la sauvegarde des emplois menacés et la qualité du dialogue mené avec les organisations syndicales et les élus locaux. De ce point de vue, je me réjouis que les syndicats aient réussi à imposer à la direction de PSA de négocier l’ensemble du plan social, y compris les conditions de mobilité internes.


Ce pas en avant en appelle d’autres. Les contreparties exigées par le gouvernement, consécutives à la garantie de 7 milliards d’euros apportés au groupe PSA par l’Etat, doivent être respectées à la lettre par le constructeur automobile. L’essentiel reste pour nous qu’aucun salarié du site PSA, soustraitants compris, ne pointe au Pôle Emploi. Tout au long de l’évolution de ce dossier, notre ville, qui s’est dotée des outils juridiques de contrôle indispensables, fera preuve à cet égard d’une vigilance scrupuleuse.

 

Comme elle l’a fait depuis le début, la municipalité d’Aulnay-sous-Bois continuera d’apporter jusqu’au bout une aide concrète aux salariés engagés dans l’action. C’est au nom même de ce principe de solidarité que nous réaffirmons notre volonté qu’un ambitieux projet d’industrialisation du site d’Aulnay-sous-Bois, lequel est aux 2/3 vide de toute activité depuis des années, concentre l’énergie de tous les partenaires concernés, PSA bien sûr, ainsi que l’Etat, les collectivités locales, les interlocuteurs sociaux ainsi que les investisseurs privés.


Une chance historique est à saisir, en termes de création d’emplois pérennes et de renouveau économique, dans cette partie de l’Est francilien appelée à jouer un rôle de premier plan dans le cadre du Grand Paris. L’intérêt des salariés de PSA, et celui des habitants d’Aulnay-sous-Bois, sont étroitement liés à la capacité de bâtir et de consolider sur ce site unique en Ile-de-France, positionné entre deux aéroports internationaux, un projet industriel d’envergure. Il en va du rebond de PSA comme de l’indépendance industrielle de notre pays. »


Gérard Ségura
Maire d’Aulnay-sous-Bois
Vice-président du Conseil général

Publié dans PSA Aulnay

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RSA : Stéphane Troussel plaide la cause des départements à l'Élysée

Publié le par LC

Ce lundi 12 octobre, Stéphane Troussel, président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis fera parti de la délégation de l’Assemblée des Départements de France (ADF) qui sera reçue à l’Elysée, par le Président de la République, le Premier ministre et une dizaine de membres du gouvernement.

 

Au menu de cette réunion, la très difficile question du financement des allocations de solidarité que sont le Revenu de Solidarité Active (RSA), l' Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) et la  Prestation de compensation du Handicap (PCH). Ces trois allocations sont gérées et versées par les départements sur financement de l'État. Or, la compensation de l'État ne cesse de diminuer. D'après Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des Départements de France, " Cette non compensation cumule à plusieurs dizaines de milliards d’euros – elle est estimée à quelques 6 milliards pour la seule année 2012 – au point de contraindre certains départements à reporter des investissements pourtant essentiels et même de compromettre gravement la situation budgétaire d’une trentaine d’entre eux." Parmi ces départements figure la Seine-Saint-Denis dont la situation est particulièrement difficile.

 

rsa.jpgLe département y consacre 90 % de ses dépenses de fonctionnement en 2012. En hausse de 6 % depuis janvier, 83387 personnes personnes bénéficient du RSA dont 68000 du RSA socle et 15000 au titre du RSA activité (complément de salaire dont bénéficient les "travailleurs pauvres"). En nombre d'allocataire, notre département est le premier d'Île-de-france et le troisième de France. En 2012, pour le seul RSA socle, la Seine-Saint-Denis aura dépensé 356 millions d'Euro alors que l'État n'aura contribué qu'à hauteur de 257 millions d'Euro.


Selon  Stéphane Troussel, le manque à gagner pour le département de le Seine-Saint-Denis atteindrait le milliard d'Euro depuis 2004.

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Aulnay Always Blues : Interview du nouveau président

Publié le par Laurent Comparot

 

Bonjour Mohamed Beldjoudi. Vous êtes aux côtés de Christophe Ubelmann et Larry Skoller, l’un des fondateurs du festival Aulnay All Blues. Pouvez-vous nous rappeler l'historique du projet de sa genèse à la mémorable nomination aux Grammy Awards ?

 

Mohamed BeldjoudiMB- Notre histoire commune a débuté par une rencontre au Cap en mars 2006 lorsque j’en étais le directeur ; à l’époque j’expérimentais des croisements sur scène entre des musiciens de Blues d’Afrique de l’Ouest et des musiciens Afro-américain. Le Cap s’y prêtait pour de multiples raisons notamment son savoir-faire en matière d’éclectisme musical et lors de la programmation de Keith Be Brown je fis la connaissance de Larry Skoller. La révélation fut artistique mais aussi et avant tout humaine ; nous avions plusieurs points communs, d’abord tout deux guitaristes et surtout ayant une histoire familiale avec Chicago et une filiation affective avec le Blues…

 

Puis en confrontant nos idées respectives avec Christophe Ubelmann directeur du théâtre, lui aussi un aficionado du genre, avec qui je pratiquais depuis quelques années déjà des co-productions, je lui ai proposé la création d’un festival de Blues autour de deux axes ; la création de spectacles vivants suivie d’un enregistrement phonographique inédit permettant de communiquer autour de nos évènements. J’avoue que l’utopie de nos envies, s’est vite transformée en conte de fée lorsque notre première création avec les légendes vivantes du Chicago Blues fut l’objet d’un double album primé aux Grammy Awards… Énorme ! avec en prime un focus inégalé sur notre ville d’Aulnay-sous-Bois, territoire privilégié qui permettait grâce à l’essor de ses équipements culturels l’ouverture à l’expérimentation culturelle…

 

 

Festival, production et enregistrement musicaux, conférences et édition de livre, on s'y perd un peu dans cette profusion d'activités centrée sur le Blues. Pouvez-vous nous éclairer ?

 

MB- La diversité de nos actions s’explique avant tout par la nature même de cette musique qui est un marqueur indélébile de multiples formes d’arts, aux usa prioritairement mais par extension dans le monde entier. Cette relation historique que le Blues entretient avec l’Afrique, traduit notamment par son métissage, est propice à des formes de diffusion pluridisciplinaires.

 

Mais, c’est surtout l’histoire des millions de déportés des terres d’Afrique vers l’autre monde entrainés dans l’une des plus horribles tragédies humaines qui fonde la source de sa création.

 

La résultante de tout cela correspond avant tout à un caractère spécifique de l’espèce humaine, celle de ne jamais faiblir face à l’adversité. Les valeurs intrinsèquement enfouies dans les 12 mesures d’un Blues inspirent à jamais la dimension universelle que revêt ce genre musical ayant influencé majoritairement les musiques populaires du 20esiècle.

 

Alors que le disque fut le moyen qui aura permis de diffuser en masse cette musique faisant la richesse de certains promoteurs outre-Atlantique durant les premières décades du 20e siècle (souvent des commerçants reconvertis), nous avons décidé de renouer avec ce fabuleux procédés en imaginant un disque d’anthologie au Chicago Blues mais avec comme objectif de continuer à maintenir cette musique vivante. Et comme je le disais le cinéma, la littérature, le théâtre, la peinture, la poésie, le slam… ont contribué à diffuser la quintessence du Blues à l’échelle planétaire. Aussi, notre festival se devait donc de garder l’esprit de cette musique tout en revendiquant la diffusion la plus large possible en utilisant des concerts, disques, conférences, séances de cinéma, débats, édition d’ouvrages et autres actions culturelles…Mais surtout d’imaginer diffuser le blues dans tous les lieux culturels mais aussi la où vivent et travaillent les gens : entreprise, café, foyers club, bibliothèque, lycée, collège…

 

AulnayAllBlues2012

 

2011 a été une année exceptionnelle avec la nomination aux Grammy Awards pour l'album « Chicago Blues, a living history ». Au-delà du symbole, a-t-on bien mesuré l'extraordinaire impact de cette nomination tant en France que de l'autre côté de l'Atlantique ?


MB- Je dirais que la dimension médiatique n’a de sens que si elle permet de sceller les esprits autour de valeurs communes. Il s’agissait à l’époque de montrer qu’un festival avec si peu de moyens s’était ingénié à trouver une manière de communiquer autour d’un objectif principal ; celui de considérer le Blues comme un genre créatif et pas une musique « muséale » dont le revival tenait plus d’alibi à certaines majors de l’édition pour faire ronronner une économie du disque en perdition plutôt que de faire vivre les musiciens encore détenteurs d’un savoir ancestral.

Mais c’était aussi la possibilité de tourner la page médiatique des émeutes de 2005 qui avait enfermé la ville d’Aulnay-sous-Bois mais aussi le département de la Seine-Saint-Denis dans une image de banlieue « insécure » accentuant d’autant la fracture au sein même du territoire aulnaysien entre le Sud et le Nord de la ville. Par ailleurs, l’engouement des médias ayant permis une adhésion plus grande des institutions et des financeurs privés cela aura contribué à la montée en puissance de nos actions.

 

Le second album « Chicago Blues: A Living History The (R)evolution Continues «  a été recompensé aux Blues Music Awards 2012 à Memphis. Quel a été l'accueil de cet album dans la communauté musicale du blues ? Pensez-vous que cela puisse déboucher sur une nouvelle nomination aux prochains Grammy Awards ?

 

MB- De façon similaire aux Grammy Award de 2010, le choix a été opéré par un jury de professionnels mais ce qui nous honore c’est d’avoir été choisi dans une compétition qui réunissait uniquement le gratin de la planète Blues. Le résultat est époustouflant car un des titres les plus prisés est celui de meilleur album de blues traditionnels et nous l’avons obtenu haut la main. Quant à une prochaine nomination aux Grammy Awards, l’album « Héritage Blues Orchestra »vient de franchir une première étape et figure parmi la sélection officielle dont seront extraits les nominés. Attendons, la fin novembre pour l’avis définitif.

 

Aulnay All Blues ce n'est pas que des albums mais aussi un festival. Comment se présente l'édition 2012 ?

 

MB- L’édition 2012 est avant tout celle d’un tournant puisque c’est avec la ville de la Nouvelle-Orléans que nous allons entamé une aventure sans précédent.

Sous l’égide d’un partenariat avec la municipalité de la Nouvelle-Orléans et la fondation NOSACONN représenté par son directeur Damon BATISTE véritable ambassadeur culturel de la ville, sera proposé deux créations mondiales ;

  • New Orleans Congo Square International Music Tribute -- avec Russell Batiste & Friends with Special guests Jason Neville, Shaka Zulu Cyril Neville & Donald Harrison

  • New Orleans Father & Sons of the New Millennium avec le légendaire David Batiste accompagné de ses fils Russell, Jamal, Ryan et Damon

En parallèle et toujours en lien avec Chicago, sera produit l’un des albums les plus attendus de la scène Soul de Chicago, celui du chanteur Mike Avery, un live enregistré l’an dernier lors de son passage au théâtre. Il sera des nôtres notamment lors du concert à l’Oréal, scellant ainsi la troisième participation du fleuron de l’industrie aulnaysienne.

Enfin, en marge des actions de sensibilisations en direction de tous les publics (spectacles pour enfants) il nous a semblé opportun de proposer un temps de réflexion sous la forme d’un colloque international. C’est ainsi qu’en partenariat avec le festival Villes des Musiques du Monde autour d’une thématique transversale : les territoires mythiques de la musique, nous aurons l’honneur d’accueillir l’historienne de la musique Freddi Evans Williams (University of Louisiana at Lafayette) dont l’ouvrage « Congo Square, Racines Africaines de la Nouvelle-Orléans » fera l’objet d’une publication pendant notre édition.

 

Aulnay All Blues c’est aussi le trait d’union entre des financements publics et privés, qu’en est-t-il ?

 

MB- Cette année, nous avons dû faire face à plusieurs problématiques financières. C’est ainsi que malgré le soutien affirmé de la municipalité d’Aulnay-sous-Bois dès la première édition, nous avons composé avec la baisse de la subvention municipale de 50%, ce qui est totalement compréhensible dans le contexte de crise générale qui touche également de plein fouet les finances locales. Alors, fort de notre expérience de recherche de financement, nous avons obtenu pour la première fois la participation de la Région-Ile-de France. De nouveau, l’ambassade des Etats-Unis nous octroie un soutien pour l’organisation du colloque mais le partenariat le plus inédit est celui de nos partenaires américains qui investissent près de 25% du budget général du festival. Enfin, l’Oréal reste notre partenaire le plus important et s’engage dans un véritable partenariat dans l’organisation du concert au sein du Campus aulnaysien.

 

Quel est le futur du concept d’Aulnay All Blues ?

 

MB- Nous pensons avec mes deux compères Larry Skoller et Christophe Ubelmann à une création mêlant les sources du Blues et d’autres musiques traditionnelles d’Europe, la musique tzigane d’Europe sous plusieurs formes (roms de Hongrie, flamenco…) et le renouvellement de notre partenariat avec la Nouvelle-Orléans et Chicago…

 

Je vous remercie pour cet entretien et vous souhaite bonne chance pour tous ces évènements à venir.

 

 

Pour info : Festival Aulnay All Blues 2012 du 19 au 24 Novembre 2012, programme sur www.aulnayallblues.com

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Quand la Seine-Saint-Denis se mobilise pour le réseau de transport du Grand-Paris

Publié le par LC

C'est un message très clair que viennent d'envoyer de très nombreux élus de Seine-Saint-Denis à Cécile Duflot, la ministre EELV en charge du dossier du Grand-Paris. Lors de récentes déclarations, madame Duflot n'a pas été claire sur les engagements à venir pour assurer le financement de ce grand projet de transports collectifs. De plus, la ministre nourrit de grandes réserves sur la pertinence de la ligne orange du projet. Il convient de souligner que cette ligne qui relie Nanterre à Champigny et Noisy-Champs via Saint-Denis-Pleyel et Rosny est essentiellement située sur le territoire de notre département.


MobilisationGrandParis.jpg

 

Parmi les 72 signataires de cet appel figurent entre autres les élus suivants : Jacques Chaussat, Daniel Goldberg et Gérard Ségura.

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Qui veut tuer la Seine-Saint-Denis par Stéphane Troussel *

Publié le par Aulnay Autrement

Le drame qui se joue actuellement à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois jette une lumière crue sur les effets de la crise en Seine-Saint-Denis, d’autant plus ravageurs que notre département concentrait déjà un grand nombre de difficultés. La statistique est implacable : l’augmentation du chômage sur les douze derniers mois est de 8,5% pour un taux de chômage de 12,4%, l’augmentation du nombre d’allocataires du RSA suit logiquement la même pente, en hausse de 6% depuis le 1er janvier.

Plus que jamais, les habitants ont donc besoin de la collectivité, de la solidarité et de l’égalité territoriale qu’est le conseil général. Mais, au moment où cette crise rend son intervention indispensable, la tenaille financière se referme inexorablement, réduit nos capacités d’action et nous empêche d’investir pour l’avenir. Mon prédécesseur n’a cessé d’alerter sur un système de financement qui est devenu une usine à produire de l’inégalité territoriale. La non-compensation des allocations universelles de solidarité (RSA, APA, PCH) par l’Etat pèse de plus en plus lourdement avec l’augmentation des bénéficiaires : cela représentera pour l’année 2012 plus de 170 millions d’euros. On ne peut pas continuer à financer par les territoires ce qui relève de la solidarité nationale et réduire les départements à de simples guichets.

Est-il juste par ailleurs, à population égale, que le président du conseil général des Hauts-de-Seine dispose mécaniquement chaque année de 450 millions d’euros de plus que le président du conseil général de Seine-Saint-Denis pour boucler son budget, soit l’équivalent de dix-huit collèges neufs ?

L’absurdité technocratique considère aujourd’hui la Seine-Saint-Denis comme un département riche : nous paierons cette année 14,1 millions d’euros au nom de la péréquation nationale ! Quand se décidera-t-on à prendre en compte la réalité des dépenses sociales obligatoires et pas seulement le potentiel fiscal ?

Si jusqu’à présent le dynamisme des droits de mutation avait masqué ces mécanismes pervers et injustes, le retournement de tendance auquel nous assistons en 2012 laisse craindre le pire pour 2013.

Que des efforts soient possibles et nécessaires pour améliorer la gestion des deniers publics, j’en suis convaincu. Je continuerai de les mener. Mais la bonne gestion ne suffira pas : autant essayer de vider la mer à la petite cuillère. On ne pourra pas non plus réduire sans cesse les investissements sans obérer l’avenir : oui, nous avons besoin d’investir dans les collèges, dans les transports, dans la prise en charge de la dépendance, dans le développement économique.

Dès 2013 si rien ne devait changer, il risque de manquer 120 millions à la Seine-Saint-Denis pour établir un budget digne de ce nom. Non pas pour financer je ne sais quelle gabegie fantasmée. A moins de considérer que la protection maternelle et infantile est superflue ? Que la construction de collèges pour répondre à la poussée démographique et faire réussir les jeunes est une vue de l’esprit ? Que le désenclavement par les transports en commun de quartiers populaires trop longtemps ghettoïsés est accessoire ? Que l’accueil des enfants en crèche est inutile ? Que l’insertion professionnelle est une lubie ? Que la prise en charge de la dépendance des personnes âgées est une mode ? Que le développement économique est secondaire ? Que le dépistage de la tuberculose est un gadget ? Que l’écologie urbaine est un doux rêve ?

Prenons garde à ne pas nous tromper de débat : ce n’est pas une nouvelle construction institutionnelle qui réglera ces problèmes de fond(s) et permettra de répondre au seul vrai défi, celui de refaire de la décentralisation un gage de démocratie et de justice territoriale. Si le fameux acte III de la décentralisation n’est pas d’abord un acte d’égalité entre les territoires, il restera un acte manqué.

Les pistes sont connues, elles relèvent de choix politiques courageux : remise à plat du système de péréquation national pour enfin tenir compte de la réalité des dépenses obligatoires ; introduction d’une péréquation régionale sur les droits de mutation à titre onéreux entre les départements dans la région la plus riche d’Europe ; financement des allocations de solidarité nationale par des ressources nationales ; réforme de la fiscalité locale pour redonner aux collectivités la maîtrise de leurs charges et de leurs ressources afin que la libre administration et l’autonomie financière ne relèvent plus de la fiction constitutionnelle. Voilà l’urgence !

Je pousse un cri d’alerte : si rien n’est fait, l’asphyxie financière se profile à très court terme. Faudra-t-il qu’un département comme la Seine-Saint-Denis ne soit plus en mesure de payer le RSA pour que nous soyons enfin entendus à la mesure de l’urgence ?

La Seine-Saint-Denis a dû adopter par le passé un budget de révolte. Je ne voudrais pas être contraint à court terme d’adopter un budget de faillite.

 

 

TROUSSEL5* Cette tribune est parue le 10 octobre dernier dans le quotidien  Libération.

 

Agé de 42 ans, Stéphane Troussel est conseiller municipal de la Courneuve depuis 1995, conseiller général du canton de la Courneuve depuis 2004 et président (PS) du conseil général de la Seine-Saint-Denis depuis le 4 septembre depuis la démission de Claude Bartolone devenu président de l'Assemblée Nationale.

Publié dans politique locale

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