La politique des quotas et des expulsions programmées, conduit maintenant à la délation

Publié le par Aulnay Autrement


Madame M dénoncée par la mairie du 5eme arrondissement de Paris

lundi 27 octobre 2008,

Mme M., femme de ménage, habitait le 12e arrondissement depuis son arrivée en France en 2002.

Elle a emménagé avec son fils en mai 2008 dans le 5e arrondissement de Paris.

En juillet 2008, elle se rend à la Mairie du 5e pour inscrire son fils à l’école de son quartier. Curieusement, on lui demande alors si elle possède un titre de séjour, document qui n’a pas à être demandé lors d’une inscription scolaire. Elle répond par la négative.

Fin août, elle reçoit une convocation au commissariat du 5e à laquelle elle ne défère pas. Fin octobre, il est déposé dans sa boite aux lettres une nouvelle convocation au commissariat « suite à l’inscription de votre enfant à l’école et votre situation alors irrégulière en France ». Ce sont donc bien les services de la Mairie du 5e qui ont dénoncé la situation de Mme M. aux services de police. La politique des quotas, des expulsions programmées, conduit maintenant aux dénonciations qui nous ramènent à de bien tristes souvenirs.

Nous, citoyens, élus, sommes indignés par ces pratiques honteuses qui perdurent encore dans notre République. Nous ne pouvons accepter que l’exercice de la peur et du désespoir soit organisé et exécuté en notre nom. Nous serons donc nombreux à accompagner Mme M. au commissariat de police le jeudi 30 Octobre 2008 à 9H30, 4, rue de la Montagne Sainte Geneviève Paris 5e Métro : Maubert Mutualité.
Source / auteur : Collectif de vigilance Paris 12 pour les droits des étrangers



La réponse du maire du 5ème arrondissement M. Jean TIBERI (Groupe politique : U.M.P-Union pour un Mouvement Populaire)
Le maire du Ve Jean Tiberi a assuré à l’AFP que la fonctionnaire s’était contentée de demander à la mère un papier d’identité. "Elle n’avait qu’un passeport sans visa, ce qui impliquait automatiquement qu’elle était en situation irrégulière", a-t-il dit, estimant que l’employée municipale avait "appliqué la loi de bonne foi".
Source : 29/10/2008-[18:43] - AFP


 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de Bertrand Delanoë

Paris, le 29 octobre 2008

La convocation au commissariat d’une jeune habitante du Vème arrondissement de nationalité équatorienne et actuellement sans papier, après qu’elle ait inscrit son fils à l’école, suscite une indignation que je partage.

Je souhaite donc réaffirmer que la scolarisation est un droit et même un devoir pour tous les enfants en France. Les textes internationaux garantissent d’ailleurs le droit pour les enfants à vivre avec leur famille.

Je rappellerai donc à tous les agents concernés ainsi qu’aux maires d’arrondissement eux-mêmes, que l’inscription des enfants n’est pas subordonnée à la régularité de la situation des parents et que les donnéesrecueillies auprès de ces derniers ne doivent en aucun cas comporter demention relative à la régularité du séjour qui ne rentre pas dans la procédured’inscription à l’école.

Une enquête administrative sera d’ailleurs diligentée afin d’établir précisément

les responsabilités de chacun dans la conduite de ce dossier.

Je soutiens la demande de régularisation des familles ayant des enfants scolarisés à Paris de même que celle des salariés ayant engagé une telle requête, comme c’est précisément le cas de cette jeune femme.

C’est pourquoi j’en appelle au Préfet de Police afin que cette maman, qui travaille, qui a engagé les démarches requises et élève seule son enfant, puisse rapidement obtenir le titre de séjour qu’elle sollicite.


                                                                                                                                                                                            Bienvenue

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Gaudron s'incruste à Ballanger

Publié le par Bernard Joseph

Décidement, Gérard Gaudron ne recule devant rien pour essayer de s'imposer dans le paysage politique aulnaysien.
Malgré ses multiples défaites, notre député du cru (élu grâce à l'appoint des électeurs de Pavillons-sous-Bois) cherche à revenir sur le devant de la scène grâce à une loi concoctée avec ses amis politiques de l'UMP.

Sa proposition de loi n°1072 vise à faire entrer les députés dans les conseils d'administration des hôpitaux publics de leur circonscription sous prétexte que les députés votent chaque année le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Ce projet de loi est porté entre autres députés par Patrick Balkany, Christian Estrosi ou encore Jacques Masdeu-Arus, dont la rigueur et la probité sont notoirement au-dessus de tout soupçon.
Bien sûr, tout cela pour le plus grand bien-être de l'offre de santé locale.

Quelques remarques :

- alors que notre hôpital public est de plus en plus menacé, on pourrait s'interroger sur l'éventuelle place d'un contrôle parlementaire au sein des établissements privés de santé. Ceux-ci captent une proportion de plus en plus importante de la manne publique sans en subir les contraintes d'offres de soins et d'accueil, comme en témoigne le continuel développement de l'Hôpital Privé de l'Est Parisien-Clinique d'Aulnay (groupe Générale de Santé). Ce point n'a semble-t-il pas effleuré notre élu.

- dans son introduction au projet de loi, monsieur Gaudron écrit : "La population française est d'ailleurs satisfaite de son fonctionnement : dans un sondage de juin 2007, 81 % des sondés avaient une opinion positive de leur hôpital. Cependant, l'hôpital est confronté à des difficultés de fonctionnement, à une crise financière qui exigent des mutations notamment dans le cadre de l'organisation des soins. La permanence des soins constitue une source récurrente d'inquiétudes pour les Français qui craignent pour l'égal accès de tous aux soins".
Visiblement, notre élu local a quelques lacunes fondamentales ou a raté quelques informations sur la politique en matière de santé menée par l'UMP depuis 2002 (fermetures d'hôpitaux, fermetures de services, "mutualisation", franchises médicales, restrictions de prises en charge pour les malades ALD)...

Au niveau local, Gérard Gaudron devenu administrateur pourrait essayer de peser dans la gestion de l'Hôpital Robert Ballanger. Comment ? Dans quel sens ? On espère seulement que les lobbystes des grands groupes de la santé et des assurances qui pullulent autour du Palais Bourbon, attirés par les fonds de notre sécurité sociale , n'auront pas prise sur notre député.

Pour les courageux et les moins courageux, vous pouvez consulter le texte de loi sur le site de l'Assemblée Nationale : quatre lignes, plus d'un an de travail : cela se respecte !

PS : à cette heure, on ignore si l'autopromotion de Gérard Gaudron au conseil d'administration de l'Hôpital Intercommunal Robert Ballanger lui donnera droit à des indemnités de présence.

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«9-3» de Yamina Benguigui : réalisme ou caricature

Publié le par Stephane Legrand

Diffusé sur Canal+ le 29 septembre dernier, le film documentaire de Yamina Benguigui,  9/3, Mémoire d'un territoire , continue à faire couler de l'encre.

A sa sortie, le film de réalisatrice du très remarqué "Plafond de verre" a été saluée par une bonne partie de la presse.
Dans une interview dans le journal Libération, elle déclarait : «J’ai voulu donner à ce territoire une mémoire. Ce territoire, c’est la naissance des temps modernes et des milliers d’hommes sacrifiés. Beaucoup de gens sont morts pendant et après la révolution industrielle, d’avoir travaillé dans des conditions déplorables. Le 93 a concentré toutes les attentions, notamment lorsqu’il a fallu reléguer les plus pauvres. Au-delà de cette mémoire lourde, il faut, sans ressentiment, essayer de reconstruire. Ces populations n’ont pas la parole. Il faut arrêter de dire que cet espace ne nous appartient pas : les gens y ont leurs racines. Connaître l’histoire atténue les souffrances. En taxe professionnelle, ce département est l’un des plus riches de France, avec la population la plus pauvre et la mortalité infantile la plus élevée. 80 % des cancers sont liés au travail. Il y a les émanations de plomb, les maladies des grands ensembles.
Le 93, c’est l’arrière-cour de Paris. J’ai eu un mal fou à faire ce film. La plupart des politiques que j’ai rencontrés semblaient s’être mis d’accord pour que ce film n’existe pas. Emotionnellement, je n’en peux plus, c’est trop lourd : 200 interviews et cinquante heures de rush. Avec notre société de production, Elemiah, j’ai envie de faire sortir une nouvelle génération de réalisateurs, de jeunes issus de l’immigration. Que quelqu’un, au fin fond de sa tour, puisse émerger.»

Dans son édition du 25 septembre 2008, le Monde diplomatique dans un article intitullé Seine-Saint-Denis, une mémoire sélective soulignait les zones d'ombre du documentaire, qui occulte en particulier  le rôle  du  pouvoir municipal du PCF, des mouvements syndicaux et associatifs fort et des organisations ouvrières de cette « banlieue rouge ».
Dans l'émission "la Fabrique de l'Histoire" diffusée sur France Culture, les historiens Annie Fourcaut, Alain Faure et Emmanuel Bellanger, spécialistes de l’histoire des banlieues étaient venus dire ici leur désapprobation et leurs nuances par rapport «9/3, mémoire d’un territoire» diffusé sur Canal Plus le lundi 29 septembre dernier.
Selon eux, ce film de Yamina Benguigui - pour lequel ils ont été interviewés -, utilise l'histoire dans un sens univoque qui fait de la Seine-Saint-Denis un espace "sacrifié" depuis le 19e siècle...

En date du 24 octobre dernier, Médiapart, le journal fondé par François Bonnet, Gérard Desportes, Laurent Mauduit et Edwy Plenel enfonce le clou.
Dans une interview, Le «9-3» de Yamina Benguigui : un usage falsifié de l’histoire quatre historiens, Emmanuel Bellanger (CNRS-Paris I), Alain Faure (Paris X), Annie Fourcaut (Paris-I) et  Natacha Lillo (Paris-VII) reviennent sur le documentaire et dénoncent une vision mythique de l’histoire de la banlieue.
Dans cet article, ils y démontent l'écriture du documentaire et accusent l'auteur d'en avoir réécrit l'histoire pour n'en retenir que le plus sombre de l'histoire de ce territoire. Qualifié d'"oeuvre de mauvaise fiction", nos historiens critiquent cet aspect misérabiliste qui est en vogue dès qu'on aborde le sujet des banlieues.

Autre procédé contestable, la chercheuse Annie Fourcoult, dont l'interview de deux heures a été coupée au montage (son propos n'étant pas dans le ton du documentaire) a été présenté comme caution scientifique dans le dossier de presse. Emmanuel Bellanger, lui-même enfant du "9-3", était parti très confiant par la projet de Yamina Benguigui. Historien dont le propos a été aussi coupé au montage, il aurait souhaiter une approche plus nuancée et contrastée du département. Il déplore que la réalisatrice occulte la  banlieue pavillonaire, la "banlieue heureuse" ou encore la banlieue aisée du Raincy qui ont tout autant une légitimité, pour en retenir qu'une vision noire et univoque. Ils reprochent à Yamina Benguigui d'avoir présenté "9/3, Mémoire d'un Territoire" comme un documentaire historique alors qu'il ne s'agit qu'une fiction. Pour eux la thèse retenue qui accréditerait le fait que le quart nord-est de la banlieue serait délibérément, depuis 1840, une lieu de rélégation n'a aucun sens, ni légitimité historique.

En ce sens, Yamina Benguigui ne fait que s'inscrire dans la droite ligne d'une vision misérabiliste des banlieues, qui finalement conforte la rhétorique du discour conservateur et sécuritaire actuel.

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Aulnay en questions : l'école

Publié le par Aulnay Autrement

 Pour cette première interview de notre nouvelle rubrique d'Aulnay-en-Questions, nous avons choisi le thème de l'école et notre invité est Jean Dugas, responsable du syndicat SNUipp/FSU pour Aulnay-sous-Bois.

Depuis plus de six mois, le thème de l'École est un sujet d'actualité dans notre pays, mais aussi plus particulièrement dans notre ville.Fermetures de classes, ouvertures de classes, carte scolaire, réduction des effectifs, moyens, soutien scolaire, service minimum d'accueil, les questions sont multiples.


Aulnay Autrement : Bonjour Jean Dugas. Nous souhaitons d'abord vous remercier de bien vouloir participer à ce premier entretien d' Aulnay-en-Questions. Pour commencer, nous savons que depuis le printemps dans de nombreuses écoles aulnaysiennes enseignants et parents d'élèves se sont mobilisés tant pour le maintien de classes que pour l'ouverture de nouvelles classes. Pouvez-vous pour nos lecteurs nous faire un petit historique de cette mobilisation sur les derniers six mois ?

Jean Dugas : En effet, lors de la dernière année scolaire, il y a eu de nombreuses mobilisations sous toutes sortes de formes (grèves, pétitions, délégations à l’Inspection Académique jusqu’à début juillet…). Celles-ci se sont prolongées à la rentrée permettant l’ouverture de trois classes de maternelle à Aulnay Sud et d’un demi-poste pour les « 2 ans » à la maternelle Petits Ormes.
La maternelle Croix Saint Marc est occupée par les parents sur la même exigence (une ouverture de classe pour les 2 ans. Le tout sur fond de montée en puissance de la mobilisation suite aux annonces budgétaires.

A.-A.: Certaines personnalités locales prétendent qu'un ajustement des effectifs était nécessaire en raison d'une baisse des effectifs dans le Nord de la ville et que les ouvertures dans le sud étaient prévues par le rectorat. Qu'en est-il exactement ?

J. D. : Ce n’est pas parce que trois ânes répètent la même ânerie que cela devient une vérité. Il y a eu une baisse certaine des effectifs dans certains quartiers du Nord d’Aulnay qui a entraîné des fermetures de classes sur la base des normes actuelles d’ouverture/fermeture de classe. Normes dont nous demandons l’amélioration au vu de la dégradation continue des conditions sociales de nombre de familles de ces quartiers avec leurs conséquences scolaires pour les élèves.
Mais aussi des fermetures de classes en Maternelle dans le Nord qui sont uniquement la conséquence de la volonté de Darcos d’en finir avec la scolarisation des enfants de 2/3 ans (Maternelles Merisiers, Ferry, Croix Saint Marc, Petits Ormes…).
C’est à dire d’en finir avec ce que l’Inspecteur d’Académie Adjoint, lui-même, reconnaissait (fin juin 2008) lors d’une audience que c’était incontestablement une scolarisation positive en particulier pour les élèves issus des milieux populaires…
Il y a eu des fermetures de postes liées uniquement à la logique libérale de réduire le nombre de fonctionnaires (fermeture d’un poste RASED et « non francophone » dans le Nord…
Il y a eu des non-ouvertures liées au « comptage » des élèves par groupe scolaire et non par école (Elémentaires Jules Ferry et Fontaine des prés).
Enfin pour ce qui concerne les maternelles du Sud… C’est une aimable plaisanterie… Il s’agit d’enfants de trois ans révolus, recensés par la Municipalité… L’inspection Académique ne pouvait pas ne pas savoir… Sauf que devant l’ampleur de la poussée démographique, sans doute se sont-ils dit qu’il s’agissait d’un « complot » anti-libéral… pour créer des postes de fonctionnaires…

A.-A.: Avec l'annonce de nouvelles suppressions d'effectifs pour 2009, avez-vous des craintes pour la rentrée 2009 et pour vous la mobilisation des enseignants, parents d'élèves et des élus est-elle importante ?

J. D. : Détaillons d’abord le projet de budget national pour le premier degré.
500 créations de postes au titre de la hausse démographique.
Contre 500 suppressions de postes d’enseignants « mis à disposition ». Il s’agit d’enseignants affectés à des associations liées à l’école publique ou à des structures accueillant des scolaires (Louvre, cité des sciences…)
3000 postes de stagiaires supprimés au concours de recrutement des professeurs des écoles. Ce qui signifie que ce gouvernement a déjà programmé à minima 3000 suppressions de postes pour la rentrée 2010 (issue de l’année de formation professionnelle).
3000 postes RASED supprimés. Les Réseaux d’Aide et de Soutien aux Elèves en Difficulté sont des postes tenus par des enseignants spécialisés (suite à une année de formation professionnelle dans ce domaine et à l’obtention du diplôme attenant).
Cette saignée budgétaire s’accompagne de mesures structurelles (dont les nouveaux programmes et le « socle commun » visant à faire de l’école un service minimum scolaire.
Elle appelle donc le développement d’une profonde mobilisation pour faire échec à ces projets.
Il ne s’agit pas de « protester » mais de gagner. Sinon le service public d’éducation sera cassé.
Tel est l’enjeu et il est de taille.


A.-A.: La rentrée 2008 a vu la mise en place du soutien scolaire à l'école primaire. Entre discours officiels et réalité, les parents sont un petit peu déboussolés. Dans quelles conditions s'applique sur le terrain la mesure et quelles en sont les difficultés ?


J. D. : L’aide aux élèves en difficultés ne date ni de cette année ni de Darcos. Elle est prise en charge par les RASED sur le temps scolaire. Les décisions budgétaires de Darcos (projet de suppression de 3000 postes RASED) éclairent les dispositifs d’ « aide ou de remise à niveau » mis en place cette année (stage pendant les congés pour les Cours Moyens, aide personnalisée de 2 fois/1 heure par semaine après 16h) et expliquent la « réorganisation-désorganisation » de la semaine scolaire (réduite médiatiquement à la suppression du samedi matin pour les élèves en oubliant de dire qu’elle signifie la suppression de 2 heures d’enseignement hebdomadaire pour tous les élèves).

Pour prendre une image, c’est comme si l’on supprimait les spécialités médicales (cancérologie, chirurgie…) en l’occurrence des postes et des personnels spécialisés dans l’aide aux élèves en difficultés pour dire aux patients (parents): « ne vous inquiétez pas, votre généraliste, l’enseignant chargé de classe banale, va régler ça pendant les vacances ou après son travail…

Au-delà de tous les problèmes d’organisation que cela pose, c’est oublier l’essentiel. Les enseignants concernés au-delà de leur engagement (et il est grand) n’ont aucune formation pour « traiter » un groupe d’élèves qui sont tous en difficulté.


A.-A.: Le ministre de l'Éducation, Xavier Darcos, a déclaré : « est-il vraiment logique que nous fassions passer des concours bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches?" Quelles sont les réactions des enseignants de maternelle à ces propos et pensez-vous que l'école maternelle soit en danger ?


J. D. : Comment voulez-vous que notre profession réagisse face à un tel mépris de son ministre ?
Notre école maternelle est enviée par la plupart des pays européens, sa qualité est de notoriété mondiale et le Ministre de l’Education ne trouve rien de mieux que de la décrier et de jeter ses personnels à la vindicte de l’opinion publique.
L’école maternelle n’est pas une garderie, c’est une école et même une « grande » école où des professionnels de l’enseignement mettent en œuvre des projets, stratégies et activités pédagogiques pour faire entrer les enfants, les élèves, dans les apprentissages.
L’ensemble des pratiques mises en œuvre visent des objectifs pédagogiques.
Ce qui peut sembler être des activités « ludiques » aux yeux des parents (les « parcours » en gymnastique…) vise ainsi à aider l’enfant à se construire des repères spacio-corporels qui lui permettront de rentrer dans la géométrie… Repères indispensables pour progresser dans bien d’autres apprentissages scolaires dont l’écriture…
Darcos n’en a cure. Son seul problème est de récupérer des postes. Après avoir réduit de façon drastique le taux de scolarisation des deux ans, on peut en effet craindre qu’il ne s’attaque à d’autres niveaux de la maternelle.

A.-A.: Début 2008, Aulnay-sous-Bois a été une ville pilote pour la mise en place du service minimum d'accueil, avec à l'époque son inauguration par le ministre en personne dans deux écoles de la ville. Depuis, la nouvelle municipalité a refusé de l'appliquer. Comment est perçue cette mesure par les enseignants ?

J. D. : Tout d’abord ne tombons pas dans le piège médiatique de Darcos. Maintenant quand il y a une grève dans l’éducation, les médias se répandent sur le SMA… Au lieu de parler des conséquences désastreuses des 6 500 suppressions de postes à la prochaine rentrée scolaire. Ni du pourcentage de grévistes… ainsi le 7 octobre, 55% de grévistes dans le premier degré en Seine-Saint-Denis et 120 écoles fermées… cela en dit long sur l’ampleur du mécontentement.

Pour ce qui concerne le refus de mettre en place le SMA, il a été fait dans le cadre d’une déclaration unitaire que notre syndicat a signée avec des élus et… la FCPE (principale association de parents d’élèves).
Nous saluons donc la décision courageuse des élus concernés, largement approuvée par les enseignants que ceux-ci aient fait grève ou pas.

A.-A.:
Que dîtes-vous à tous ces parents d'élèves pour lesquels les grèves sont un vrai casse-tête pour la garde de leurs enfants ?

J. D. :
Tout d’abord que je ne les assimile pas tous. Que nombre d’entre eux sont certes en difficulté lorsqu’une école est fermée pour fait de grève mais que très souvent, ils comprennent et soutiennent les raisons de la grève.

Autre chose sont les épouvantails anti-grèves que les médias aux ordres ne manquent pas de sortir pour déverser leur haine du service public et de ses personnels.
D’ailleurs chacun sait que la plupart des droits sociaux acquis par les salariés sont le fait de grèves générales (Mai-juin 36, 68, 98 « le printemps de la Seine-saint Denis » pour l’école…) Les congés payés… pas mal, non ?

Pour répondre plus précisément : que le MEDEF paye ! C’est lui qui a inspiré les décisions de réduire la surface et la qualité du service public d’éducation.
Nombre de conventions collectives dans le privé font que les salariés sont payés en cas de maladie, de garde d’enfant malade, de décès d’un proche… Rien n’interdit à une loi d’imposer le paiement d’un jour d’absence pour cas de force majeure (grève des transports ou école fermée…)

A.-A.: Toujours à propos du service d'accueil minimum, que pensez-vous de l'attitude du rectorat qui pas plus tard que la semaine dernier a sommé au préfet de Seine St Denis de faire un rappel à la loi aux maires récalcitrants ?

J. D. : Il aurait mieux fait de rappeler à la loi ce gouvernement au vu des dizaines de milliers d’heures d’enseignement qui n’ont pas été effectuées l’an dernier en cas de maladie ou d’absence d’enseignants, faute de moyens suffisants de postes de remplaçants…

Et c’est reparti cette année…

A.-A.: Selon vous, quelles sont les problèmes qui guettent l'école à moyen et long terme dans notre ville ?

J. D. : Il n’y a pas de moyen et long terme. Nous assistons depuis l’an dernier avec une accélération qualitative depuis cette rentrée à une entreprise de casse du service public d’éducation.
L’objectif de ce gouvernement est de mettre en place une école libérale dans laquelle l’école publique serait réduite à un service minimum d’éducation avec des objectifs réduits (le socle commun) et les moyens réduits qui vont avec.
Une école soumise aux vœux du MEDEF, actés lors du sommet européen de Lisbonne, où les objectifs et moyens attribués à l’école sont fonction des projections patronales sur ce que sera le marché de l’emploi dans les 20 ans qui vont suivre à savoir une augmentation de l’emploi sous-qualifié et précaire (donc à quoi bon dépenser de l’argent pour la formation des élèves qui se retrouveront devant ces emplois), une partie d’emploi relevant d’une qualification niveau bac et une autre de formation très poussée (d’où l’accentuation de toutes les politiques de sélection renforcée en collège, lycée et université).

A.-A.: Nous voudrions finir sur une note optimiste : quelle est l'école idéale selon Jean Dugas ?

J. D. : Premières notes optimistes… Selon un très récent sondage, 69% des français approuvent les revendications des enseignants et la manifestation nationale de ce 18 octobre réunissant 80 000 personnes est une étape supplémentaire dans la construction d’un mouvement d’ensemble pour l’école.

Pour répondre à votre question, mon école « idéale » est celle que souhaite l’immense majorité de mes collègues et des parents d’élèves.
Une école fondée sur des valeurs et des principes ayant pour objectif la réussite de tous et se donnant les moyens de cette réussite.
Une école se fixant pour objectif non un service minimum (le socle commun) mais l’acquisition d’une culture commune de haut niveau, humaniste, scientifique, technologique.Une école débarrassée des exigences du MEDEF et de ce gouvernement en terme d’objectif et de moyens.
Une école faisant tout ce qui est en son pouvoir pour faire accéder l’ensemble des élèves à cette culture commune en particulier ceux qui sont en difficulté.

Donc le développement des RASED et non leur suppression, la création de milliers de postes de maîtres supplémentaires (n’ayant pas une classe fixe) permettant de respecter les rythmes d’acquisition des élèves.

L’école ne peut pas tout, la transformation sociale (abolition du chômage, logement convenable, lutte contre les exclusions…) est nécessaire. Mais l’école ne peut pas « rien ». Il n’y a nul fatalisme, c’est une question de choix de société.

Des milliards d’Euros ont été trouvés pour renflouer les caisses des banques capitalistes en faillite. Même pas un centième de ces milliards aurait suffit à créer des dizaines de milliers de postes dans l’éducation nationale.

Vous connaissez la phrase de Victor Hugo :  « Quand on n'ouvre pas une école, on ouvre une prison… »

En cette période de saignée du budget de l’école, il est significatif que l’un des rares budgets en progression significative soit celui des… surveillants pénitentiaires…

A.-A.: Nous vous remercions et espérons que vos réponses auront éclairé un peu plus les aulnaysiens.

Publié dans interview

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Retour sur...Taser or not Taser

Publié le par Aulnay Autrement

 Lundi 6 octobre, nous avons publié un article sur les pistolets à impulsion électrique et l'autorisation de leur déploiement au sein des forces de Police Municipale.

A cette occasion, Mohammed Bensaber nous avait rappelé le procès opposant SMP Technologies, la société importatrice du Taser à Olivier Besancenot.

L'audience s'est déroulée hier après-midi dans la salle de la 17e chambre du tribunal de Paris. Interrogé sur les pistolets à impulsion électrique, Olivier Besancenot était poursuivi pour avoir déclaré au quotidien 20 minutes que «dans le meilleur des cas, il y a des doutes. Dans le pire, le Taser peut tuer». Pour ces propos, SMP Technologies réclame 50.000 euros de dommages et intérêts au titre de «l'annéantissement de la politique commerciale».

Me Catherine Hennequin avocate de la société SMP Technologies a insisté sur le fait que le porte-parole de la LCR ne puissent fournir «la liste des personnes décédées, de manière scientifiquement prouvée». Avant de se lancer sur le terrain politique : «En dénigrant le Taser, Olivier Besancenot, de fait, prône l'utilisation exclusive des armes létales. Rien d'étonnant, a poursuivi l'avocate, tous les mouvements révolutionnaires ont toujours utilisé des armes létales.» et d'ajouter «Votre ami Rouillan n'a pas utilisé de Taser pour assassiner Georges Besse.»

Nous rappelons que le principal argument de vente de la société Taser est que cette arme n'est pas létale et permet donc de « sauver » les victimes de ces tirs (par opposition aux armes ouvertement létales comme les armes à feu).

Parallèlement, comme vous le savez, une affaire dans l'affaire a fortement compliqué le contentieux opposant les deux parties. Antoine Di Zazzo, patron de SMP Technologies a été mis en examen dans l'affaire d'espionnage présumée d'Olivier Besancenot. Antoine Di Zazzo reconnaît avoir engagé des détectives privés pour trouver l'adresse d'Olivier Besancenot ainsi que réaliser des vérifications sur son patrimoine. Au total, ce sont pas moins de sept personnes qui ont été mises en examen dans cette affaire: Antoine Di Zazzo, trois policiers, un douanier et deux détectives. On peut raisonnablement s'interroger sur les pratiques de cette société. A croire que les enjeux sont vraiment colossaux. De plus, à l'heure de la mobilisation contre le fichier Edvige (désormais baptisé EDVIRSP), la mise en examen de fonctionnaires de police est assez préoccupante.

Au niveau local, cet épisode relance la question de l'équipement de la Police Municipale par de telles armes. A ce titre, il est regrettable que l'ancienne équipe municipale l'ai envisagé sans engager un débat démocratique sur les missions réelles d'une police municipale, censée être en osmose avec la population aulnaysienne.

Pour en savoir plus :

Publié dans politique locale

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