Parole(s) de blogueur

Publié le par Laurent Comparot

Parole(s) de blogueur

Aulnay-sous-Bois a toujours une ville riche pour les blogueurs. Depuis la création de Monaulnay.com par Jérôme Charré, les blogs se sont multipliés. Certains n'ont été que de simples étoiles filantes sans lendemain. D'autres se sont accrochés au fil des années. Depuis leur nombre ne cesse de se réduire, la lassitude des animateurs et rédacteurs expliquant ceci, l'instantanéité des Twitter et autres Facebook enterrant peu à peu le modèle.

Pourtant, à Aulnay-sous-Bois, subsiste un quarteron de vieux résistants aux affres du temps qui commentent, critiquent, composent sur tout et n'importe quoi, bref un véritable espace de démocratie locale sur le net qui conserve encore son public. Si on en croit les compteurs de fréquentation, ils sont encore lus quotidiennement par des centaines de personnes à moins que ce lectorat ne soit que le fait d'une équipe de censeurs patentés.

A une époque, tout ce petit monde se cotoyait et échangeait, l'époque glorieuse de la blogosphère. Les rendez-vous au Monico, bar à la décoration désuète mais lieu bien attachant , était un incontournable pour échanger. Les politiciens en devenir n'hésitaient pas à se frotter à ce petit monde. Les propos pouvaient être souvent excessifs, outranciers et irrespectueux mais on n'avait pas le sentiment qu'un scud judiciaire risquait de vous exploser à tout instant. A cette époque, un actuel maire adjoint clamait "We are Aulnay, we are the blogueurs...", mais cela c'était avant,... avant qu'il ne vote la protection fonctionnel contre un de ses anciens condisciples. Pour un blogueur, la liberté d'expression se doit d'être une valeur sacrée et en cela l'ensemble des blogueurs d'Aulnay ont souvent contribué à faire fonctionner la démocratie locale et pas seulement qu'en période électorale.

Soumis au droit de la presse sans pour autant avoir la protection du journaliste, les animateurs et rédacteurs de blogs sont sans cesse sur la corde raide s'exposant à tout instant à une plainte ou des poursuites.

Force est de reconnaître que depuis l'accession de Bruno Beschizza à la tête de l'administration de notre ville, les plaintes pleuvent. Sommes-nous tous devenus de vilains diffamateurs ou la situation en terme de popularité de l'actuel occupant de l'hôtel de ville est si mauvaise qu'il faut à tout prix faire taire la critique ?

La méthode est à la fois coûteuse pour les finances de la ville et brutale pour les blogueurs qui sont visés. Elle dessert pourtant aussi les plaignants eux-même en attirant l'attention des médias traditionnels dont l'audience est bien plus importante que celle des blogs visés.

Cette vague de plaintes contre les blogs locaux visent aussi cette démocratie locale encore non bridée, en judiciarisant à outrance le débat citoyen. S'il y a plaintes, c'est donc que nous gênons et que vous, les lecteurs, estimez que nous sommes utiles.

Après Aulnay Autrement, ce fut le tour d'Aulnay Cap. Désormais, c'est au tour de Monaulnay.com, en l'occurence Hervé Suaudeau d'être la cible des foudres de la Ville d'Aulnay-sous-Bois.

Je ne m'étendrais pas sur les relations conflictuelles et l'animosité qu'entretient Hervé à mon égard et à l'égard d'Aulnay Autrement. Celui qui se prévalait jusqu'à une période récente de ses relations privilégiées avec la première adjointe de Bruno Beschizza pour lui épargner tout problème n'avait pas eu de mots assez dur pour alors condamner Aulnay Autrement ciblé par une plainte pour diffamation de la part de la Ville d'Aulnay-sous-Bois. Hervé Suaudeau n'avait pas hésité alors à abonder dans le sens de la partie plaignante nous condamnant par avance sans aucune forme de procès.

Cela ne m'intéresse pas de revenir sur la publication du post de Monaulnay.com incriminé et encore moins sur la publication de son pittoyable et bien peu sincère mea culpa.

Ce qui m'intéresse, c'est la présomption de liberté d'expression de blogueurs, y compris dans leur droit à l'erreur et à l'à peu près. Ce que je tiens à défendre, c'est cette liberté d'expression et ce alors que la plupart des médias traditionnels sont prisonniers de leurs propos et opinions. Ce qu'il faut défendre, c'est l'existence de cet espace de liberté fort singulier à notre ville.

Donc oui et sans ambiguité, Aulnay Autrement est solidaire de Monaulnay.com comme il l'est d'Aulnay Cap et comme il le sera pour le prochain blog poursuivi. Oui, il défendra Hervé Suaudeau et Monaulnay.com pour sa liberté de ton et de parole.

Source Image : Aulnay Cap

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Jean-Louis KARKIDES 17/06/2016 23:06

Dans tous les conflits entre deux personnes, il est rare que les torts ne soient que d'un côté. Mais si les principes qui les animent sont bafoués, salis comme ils le sont aujourd'hui, les querelles passent au second rang. Ce n'est pas un passage devant le tribunal qui nous fera nous taire et les gagnants de ce jeu ne seront pas ceux qui en ont fait les règles. Merci pour ton soutien.

Aulnay Autrement 18/06/2016 09:53

Il y a d'un côté les vieilles querelles et les affinités des uns et des autres. Et de l'autre des principes de liberté d'expression et de démocratie locale intangibles.