Oxygène n°216 - Octobre 2015 décrypté

Publié le par Aulnay Autrement

Oxygène n°216 - Octobre 2015 décrypté

Nous poursuivons cette rubrique du décryptage d'Oxygène, le mensuel municipal. Ce mois-ci, la maquette est déclinée en bleu marine car c'est bien d'un numéro assez martial dont il s'agit. On va y parler de Police Municipale et de sécurité d'où le bleu marine. La rédaction va donc servir la soupe à ce monument incontournable de la pensée sécuritaire incarnée par notre non moins incontournable maire, le très télévisuel Bruno Beschizza

Page 3 : pluralisme oblige, voici la traditionnelle page réservée au maire qui s'offre une petite séance d'autopromotion et d'autosatisfaction illustrant le fameux adage : " on est jamais mieux servi que par soi-même ". Ce mois-ci, notre omni-maire sort de nouveau le mouchoir avec ses pleurnicheries financières qui visent à préparer psychologiquement les aulnaysiens aux futures hausses d'impôts locaux. Il nous apprend aussi que nous avons moins de policiers nationaux. On ne saurait que rappeler que son brillant ami et mentor Nicolas Sarkozy a supprimé 12.469 postes de policiers et de gendarmes y compris dans notre ville sans qu'à l'époque on ait entendu les cris courroucés de monsieur Beschizza, alors apparatchik syndicaliste de la Police Nationale. C'est sans doute fort de ce bilan peu glorieux que Bruno Beschizza va encore brasser de l'air dans ce numéro sur le thème de la sécurité.

Page 6 : auto-satisfaction sur le fiscalité locale dont la majorité municipale vante la stabilité des taux. Dans les faits, les impôts n'ont pas augmenté depuis 2005 donc entre 2008 et 2014 alors qu'une majorité de gauche présidait aux destinés de la ville. En revanche, si la fiscalité directe n'a pas augmenté, ce n'est pas le cas des différentes prestations offertes par la ville ainsi que la baisse de leurs qualités ou encore la suppression de services municipaux comme l'accès à la piscine municipale. En cette rentrée, les familles ont été durement frappées par ces diverses hausses avec dans certains cas un doublement des contributions des familles.

Bruno Beschizza a bien opéré une hausse de la pression fiscale sur les familles. Et tout le monde le reconnaît. Quand on vous vend une demi-baguette à l'ancien prix de la baguette complète, la somme déboursée n'a pas changé mais il s'agit bien d'une hausse du prix. Idem pour les impôts à Aulnay-sous-Bois.

Un gros pavé orange revient sur le cas des propriétés foncières constructibles situées dans les zones urbaines tendues. Notre Pravda locale omet de rappeler que cette mesure destinée à faciliter la construction de logement dans les zones tendues a été votée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. A notre connaissance, elle touche très peu de contribuables dans notre ville qui compte dans son tissus urbain peu de grands jardins isolés, et encore moins d'étendues de terres arables, de vastes landes ou de sombres et profondes forêts. Mais sans doute quelques spéculateurs, euh... contribuables injustement et lourdement frappés par une fiscalité aveugle.

Page 10 : L'article revient sur le vulnéralité de notre ville quant aux risques d'inondations. Et ce n'est pas nouveau. Implantée sur une surface plane autrefois partagée entre sous-bois et prairies humides, notre sous-sol est très humide comme en témoigne les très nombreux puits encore présents dans nombre de jardins. L'urbanisation a réduit les surfaces perméables ce qui accentue les effets de saturation comme lors des fameuses précipitations de 2013. Le département a procédé à de très gros travaux avec création de collecteurs et de déversoirs. D'autres travaux seront entrepris pour faire face à la densification de la ville et pour pallier aux excès de la nature.

Page 11 : Les rédacteurs d'Oxygène nous offrent une version tronquée et maquillée de ce qui devient l'Affaire du gymnase Omar-Cherif. Ce gymnase - le plus vaste de la ville - est le gymnase du nouveau collège Simone-Veil et relève donc de la compétence du Conseil Général de Seine-Saint-Denis. Dans le cadre d'une convention provisoire, le Conseil Général a mis à la disposition de la ville et des habitants les plages-horaires libres donc en dehors de cours et des activités de l'AS du collège. Un bon compromis qui permet de partager ce magnifique espace sportif, la ville contribuant au gardiennage et au paiement des fluides sur ses crénaux horaires. Depuis son élection, Bruno Beschizza n'a eu de cesse de vouloir revenir sur cet accord, en refusant de payer la quote-part municipale et en voulant s'accaparer d'autres plages horaires aux dépends des collégiens. Cette cohabitation a été rendue impossible par la seule volonté de monsieur Beschizza. Au candidat Beschizza qui se voyait déjà patron de l'exécutif dépatemental a succédé le conseiller départemental Beschizza qui a engagé un bras de fer avec la collectivité de la Seine-Saint-Denis, une épreuve de force qu'il ne peut pas gagner vu que dans ce cas précis le gymnase n'appartient pas à la ville.

Encore une fois, un an après la fin de la convention relative aux assistantes sociales, l'ambition sans limite de Bruno Beschizza, son arrogance et le peu de cas qu'il fait de la chose publique vont priver les aulnaysiens d'un service public.

Il réédite en effet l'épisode peu glorieux des services sociaux quand il a décidé de mettre fin et de manière unilatérale à la convention relative aux assistantes sociales qui unissait depuis de très nombreuses années la ville au département. Et bien sûr sans tenir compte des besoins criants en matière sociale de la population qui désormais est contrainte de se déplacer dans les villes limitrophes.

Cette casse systématique de l'offre de services dédiés à la population ne semble pas émouvoir notre maire, ni même sa première adjointe qui est souvent à la barre sur ces dossiers de démentèlement. On se demande quel sera le prochain service sur la liste.

Page 12 : Un article relatif à l'aménagement du carrefour entre la rue du Havre et la route de Bondy au droit du nouveau collège Simone-Veil. Un nouvel aménagement s'imposait en effet pour permetre la sécurisation des élèves. Encore une fois, la machine aveugle de l'administration municipale et des élus en charge du projet se sont mis en action pondant un projet sans tenir compte ni de l'avis et de l'expérience des associatifs du quartier, ni de la réelle problématique de circulation. Le résultat est pour le moins singulier avec cette idée force destinée à ralentir et réguler la circulation automobile : la création d'une belle ligne droite. Encore des millions d'euros gâchés pour un résultat pour le moins contestable ! Au moins l'abattage de magnifiques arbres d'alignement aura été évité suite à la mobilisation des riverains.

Page 13 à 17 : Le dossier du mois est consacré aux activités de sécurité, cheval de bataille de Bruno Beschizza qui n'hésite jamais à mettre en avant sa carrière de policier. Une courte de carrière qui l'aura conduit des CRS à l'Inspection Générale des Services, les fameux et très contreversés boeuf-carottes surtout occupée par des fonctions syndicales (et politiques) bien éloignées des réalités du terrain.

C'est fort de cette pseudo expérience que Bruno Beschizza avait nommé à la tête de la Police Municipale Loïc Le Roux au discours sans doute un peu musclé au regard des résultats obtenus. On nous dépeint la Police Municipale sous l'ancienne majorité comme un service dans lequel on ne travaillait pas ou du moins fonctionnait au régime minimum à en croire les coéfficients multiplicateurs affichés. Ainsi, on se pose la question du renouvellement de ces personnels voire des sanctions... Explique qui pourra... mais on subodore plutôt la vieille technique qui consiste à noircir le bilan des prédécesseurs pour enjoliver les résultats. Malgré l'autosatisfaction de monsieur Le Roux et son optimisme pour les actions à venir, nous avons souligné dans ces colonnes que la situation se détériorait. Le nombre de rapports a beau exploser, la situation sur le terrain est loin d'être reluisante. La dispersion sur les missions et sur toutes les plages horaires a sans doute été plus néfaste que bénéfique. Le 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et particulier sur les heures de nuit conduit à réduire de facto le personnel présent dans nos rues aux heures les plus criminogènes et ce malgré de très coûteux moyens supplémentaires. On nous ressert les vieilles recettes éculées de l'ère Sarkozy comme ce terme stupide de "vidéoprotection" : comment un système vidéo qui sert à constater des faits sur la voie publique peut dans le même temps intervenir sur de même espaces ?

Cela fait un an et demi qu'on nous parle de vidéoprotection mais force est de" constater que rien n'a été fait ou que c'est un échec.

Enfin, cerise sur le gâteau, monsieur Le Roux parle de la mise en place du Conseil des Droits et Devoirs de la Famille autre mesure sans lendemain datant de 2007 (voir page 26).

Ce constat de dégradatation est très largement constaté par la population. L'improvisation et les dogmes sécuritaires semblent être les seules boussoles de la politique de sécurité et pourtant on continue à engager des moyens aux frais du contribuables sans qu'il soit procédé à une quelconque évaluation des politiques actuelles.

L'observation de nos très efficaces policiers municipaux se pavanant devant la gare aux heures de pointe avec leur coûteux équipement et leurs flash-balls alors que les dealers se livrent à leur trafic à quelques mètres d'eux en toute impunité ne fait rire parsonne.

Page 25 : Un petit point transport avec la réforme du stationnement payant, la mise en place des stations Autolib' et l'amélioration de l'offre de transport. On ne sait quelles seront les conséquences du changement du stationnement payant en centre ville. Ce dossier est très lié au problème d'attractivité des commerces de centre ville doublé par celui du stationnement des utilisateurs du réseau ferré et celui pas non plus négligeable des riverains. Difficile de faire coexister tout le monde, dynamiser le commerce alors qu'on taxe les clients véhiculés, le tout dans le cadre étriqué et contraint du système de concession du stationnement alors choisi par le droite municipale. L'installation de l'Autolib', système de location partagée de véhicules automobiles électrique géré par l'ami Bolloré ne semble pas avoir fait l'objet d'études d'impact et de marché. Et encore moins de concertation alors que cela va encore priver les aulnaysiens de places de stationnement dans des lieux surchargés de la ville.

Page 26 : la majorité municipale soucieuse de faire preuve d'activisme dans le domaine du discours sécuritaire exhume de la préhistoire du sarkozaire inférieur, une vieille mesure qui n'avait pas alors été concluante : la création d'un Conseil des Droits et Devoirs des Familles (CDDF). Il s'agissait alors de responsabiliser (ou de stigmatiser) les familles dans le cadre de la lutte contre la criminalité. Le principe de cette mesure entrée en vigueur en 2007 était déjà sujet à caution. Dans le Conseil, tel que défini par la loi, le Maire est dans la situation d’être Procureur et Juge d’instruction ou concurrent du Président du Conseil général qui a déjà autorité sur les mesures d'accompagnement familial ou social. En outre, en cas de crise avec des familles ou des mineurs, un renvoi semble plus pertinent : soit vers le professionnel concerné dépendant du Conseil général, soit vers le Parquet pour un suivi particulier, plutôt que vers le Maire. L'expérience a montré que le dispositif avait eu peu de succès tant pour les grandes villes pour cause de centralisé extrême que dans les petites communes qui elles ne disposent que de peu de moyens. En outre, les expériences engagés se bornaient souvent à des mesures d'accompagnement social illustrant qu'on ne faisait que rajouter une structure à des dispositifs déjà opérant. L'AMF (Association des Maires de France) avait d'ailleurs publié un avis dans lequel il soulignait un dispositif souvent redondant et demandait à ne pas rendre la mesure obligatoire.

Aujourd'hui, la majorité exhume cette mesure au moment même où elle met dehors les assistantes sociales du conseil départemental. Un bel exemple d'incohérence et d'incapacité de la majorité municipale. En bref, on fait encore dans l'affichage sans rechercher l'efficacité et après on s'étonne que les partenaires jouent à la politique de la chaise vide...

Page 30 : les tribunes ou ce qu'il en reste. Réduite de 2700 à 1700 signes, voici la démocratie peau de chagrin chère à Bruno Beschizza : tout pour lui et rien pour les autres.

Pour le groupe LR (ex-UMP), c'est la toujours aimable et agréable Séverine Maroun qui sous le titre " Sécurité : la tartuferie du département " reproche à Stéphane Troussel de ne pas s'associer à la mascarade du Conseil des Droits et Devoirs des Familles (CDDF) aulnaysien. Étonnant non ?

Pour l'UDI, c'est l'inénarable Jacques Chaussat qui s'y colle avec sa mise en orbite de la politique aulnaysien vers les cieux plus lointain de la grande métropole. Le soir de sa vie politique est une période de grande découverte : quelques mois après avoir découvert le RER B, monsieur Chaussat investit le domaine de l'économie circulaire et découvre l'écologie...

La tribune des élus socialistes et républicains signée par monsieur Guy Challier revient sur la politique fiscale de la majorité municipale objet d'un tract de rentrée dans lequel fausses informations se mêlent aux fausses promesses sur le budget muncipal de 2016. Face à l'incapacité de maîtriser les dépenses de la ville et alors que l'investissement d'avenir est en panne, la droite aulnaysien pointe avec beaucoup de culot le bilan de la gauche. Pendant combien de temps, l'équipe qui ruine actuellement l'avenir de notre ville pourra-t-elle encore faire illusion ?

Page 44 : on apprend qu'enfin la ville se lance dans une vaste opération de dératisation. Cela fait de mois que la population réclame une telle action auprès des élus sans qu'ils soient entendus et ce malgré des situations très préoccupantes, les rongeurs n'hésitant pas à coloniser bâtiments, rues, parcs et jardins. On ignore si cette dératisation circonscrite au réseau d'asssainissement et aux édifices publics sera suffisante pour mettre fin à une situation d'insalubrité intolérable.

Publié dans Oxygène décrypté

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JEAN LOUIS KARKIDES 08/10/2015 23:07

Beau travail!

carlier 05/10/2015 16:48

Avec Madame Maroun, les vieilles formules de sarko sont recyclées : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/09/a-tartuffe-tartuffe-et-demi_1682634_3232.html
Qui aura l'honneur du moins littéraire "casse-toi pôv' con" ?

Et moi aussi, je suis déçu. Le mot efficience a disparu des éditos du Maire "Tartuffe et demi" : http://aulnaycap.com/2015/06/16/lefficience-de-nos-politiques-publiques-communication-sans-realite/

Petit louis 04/10/2015 08:34

En fait moi je suis très déçu. le dernier n° d'Oxygène sur la sécurité, il y a trois mois Non ? on avait eu un YOLI magnet.
j'ai retourné cet exemplaire dans tous les sens, que dal !
Moi qui comptait démarrer une collec sur les Magnets à BBZ. je suis vraiment chagrin.
Sinon pour être plus sérieux, je confirme le témoignage sur nos sur-équipés city-war gardes municipaux.
Souvent entrain de faire le pied de grue par trois à la sortie de l'escalator, alors qu'a dix mètres s’échange les cinquantes keus. Pourtant la place de la gare est comme un Ilot. il devrait donc être facile d'îloter.
Ha ! Oculos habent et non videbunt ;.)