Crise de nerfs olympique

Publié le par Laurent Comparot

Un drapeau olympique qui n'a aucune chance de flotter sur l'ancien site de PSA

Un drapeau olympique qui n'a aucune chance de flotter sur l'ancien site de PSA

Lors du dernier conseil municipal, la majorité de droite a proposé un voeu lors du conseil municipal, l'autorisant à engager les démarches pour officialiser la candidature de la commune à l'accueil d'infrastructures des jeux olympiques de 2024. Un voeu qu'ont refusé les élus de l'opposition attachés à une utilisation pérenne et réfléchi de la zone de l'ancienne usine automobile pour y redévelopper activités industrielles et emplois. Comme bon nombre d'aulnaysiens, ils ne croient pas un instant et à raison à une quelconque chance de voir s'y implanter une quelconque structure olympique.

Ce refus a suscité l'ire de monsieur Beschizza et de la majorité municipale, une attitude déplacée au regard de la réalité de la situation.

Selon les amis de la droite, Aulnay s'élance. Vers le néant !

Selon les amis de la droite, Aulnay s'élance. Vers le néant !

Crise de nerf au conseil municipal

En conseil municipal, Bruno Beschizza a beau s'énerver, serrer ses petits poings, élever la voix et rougir de colère, il est vain de croire qu'un quelconque site olympique puisse être érigé dans le périmètre de l'ancien site de l'usine automobile PSA. Tant pour sa proximité avec Paris, ses infrastructures et les superficies disponibles, les villes de La Courneuve et de Saint-Denis sont plus que favorites. Par ailleurs, il faut bien faire preuve de naïveté pour croire que le Comité International Olympique (CIO) puisse accepter d'avoir un site olympique dans un couloir d'approche aérien comme c'est le cas du site de PSA. C'est une simple logique de sécurité qui semble échapper à notre "spécialiste ès questions de sécurité" de l'ex-UMP.

Échec de la politique de réaménagement de site de PSA

Encore une fois, ce triste épisode illustre les multiples tergiversations autour de la nécessaire réindustrialisation de l'ancien site automobile de PSA, un véritable enjeu qui dépasse le spectre du simple réaménagement urbain, mais aussi concernant la création de centaines d'emplois industriels et de service, et aussi conditionne des millions d'euros de rentrées fiscales potentielles pour les décennies à venir. En laissant les emprises entre les mains des promoteurs et spéculateurs, en ne s'engageant pas dans une dynamique de réhabilitation, il est fort à parier que rien ne sera fait d'ici la fin du mandat.

Quels coûts pour les aulnaysiens ?

Prompt à couper les prestations essentielles pour la population des plus jeunes aux plus âgés, il semble que les fonds ne manquent pas pour faire la promotion de l'action municipale, à commencer par celle personnelle de monsieur Beschizza.

On ignore quels seront les coûts de ce voeu qui engage la ville dans une démarche sans espoir, si ce n'est de faire parler de la ville et de certains de ses élus.

Franchement, à part faire du remplissage publicitaire dans le prochain numéro d'Oxygène, on ne voit pas à quoi cela peut bien servir...

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Carlier 02/06/2015 17:23

Le volontarisme politique nécessite de travailler préalablement le fond d'un dossier. Il suffit de regarder les plans des sites de Londres 2012, Rio 2016 et Tokyo 2020 pour comprendre qu'Aulnay ne peut prétendre à accueillir le village olympique :
Londres : http://www.carte-imprimer.com/cartes-gratuites/plan-des-sites-jo-de-londres.html
Rio: http://franceolympique.com/files/File/olympisme/rio2016_fr.pdf
Tokyo : http://tokyo2020.jp/en/plan/venue/
A chaque fois, le village olympique est au même endroit que plusieurs sites dont parmi les principaux (athlé et piscine). A Tokyo, le village (n°38 sur la carte) est même au centre du cercle jaune contenant la plupart des sites. Ce rapprochement avec le village olympique est une évidence en termes de sécurité, d'entrainement, de temps de transport et de récupération des sportifs.
Au regard de ces cartes, la seule chance du 93 est le triangle St Denis, Aubervilliers, La Courneuve avec le stade, la piscine et le village.
Vouloir affaiblir le dossier de la France et faire rêver pour rien les aulnaysiens, ce n'est pas jouer collectif dans les valeurs de l'olympisme. Ou alors Monsieur Beschizza a pris conseil auprès de Christian Estrosi qui a réussi à flatter son ego avec les JO, la plaisanterie ayant coûté 1,8 millions d'euros aux contribuables.
Souvenez vous de l'enfumage du projet des JO d'hiver à "Chamo-nice" :
http://www.politique.net/2009033103-estrosi-jo-nice-photoshop-et-une-note-de-1-million-d-euros.htm

Vive les JO dans le 93 !